Le FBI soupçonne Huawei d’espionner des bases militaires américaines.

Huawei est à nouveau soupçonné d’espionnage. D’après une longue enquête menée par le FBI, le géant chinois serait capable d’intercepter les communications de plusieurs bases militaires situées dans des zones rurales. Le groupe pourrait notamment interférer avec des échanges liés à l’armement nucléaire américain.

D’après les informations obtenues par CNN, le FBI (Federal Bureau of Investigation) enquête sur les appareils Huawei présents sur le sol américain. L’article rapporte les témoignages de plusieurs individus proches de l’enquête.

Les agents fédéraux s’intéressent notamment à certaines tours de télécommunications qui embarquent de l’équipement réseau de Huawei. Situées à proximité de bases militaires dans le Midwest, elles seraient capables de « capturer et de perturber les communications du ministère de la Défense », y compris celles du commandement stratégique américain, qui supervise l’armement nucléaire. Dans les régions les plus rurales du pays, de nombreux opérateurs de télécommunications s’appuient toujours sur de l’équipement fourni par Huawei.

Un risque pour l’armement nucléaire américain ?

Interrogé par le média, un ancien responsable du FBI, proche de l’enquête, affirme que les équipements de Huawei pourraient interférer avec les communications liées aux missiles nucléaires américains.

« Cela interférerait avec notre capacité à commander et à répondre à une attaque nucléaire », explique l’ancien cadre du FBI.

Selon CNN, l’enquête a commencé il y a plusieurs années, à l’époque de la présidence Obama. Les inquiétudes des agences américaines, dont le département de la Justice et la Maison-Blanche, ont débuté bien avant que Donald Trump ne prenne des mesures draconiennes à l’encontre de Huawei.

En mai 2019, le 45e président des États-Unis a placé le groupe chinois sur liste noire. Cette décision empêche la firme de commercer avec des entreprises américaines. De facto, Huawei ne peut plus préinstaller les services de Google, dont l’incontournable Play Store, sur ses smartphones. Malgré les demandes répétées de Huawei, Joe Biden n’a pas levé les sanctions lors de son arrivée au pouvoir.

L’article de CNN rapporte également qu’un projet de jardin chinois a été annulé à cause des risques d’espionnage. En 2017, la Chine a en effet proposé aux États-Unis de construire un jardin à l’Arboretum national, un jardin botanique de Washington. Le jardin devait comporter des temples, des pavillons et une immense pagode blanche. Les responsables locaux espéraient que le projet attire une foule de touristes.

Cependant, des experts américains du contre-espionnage ont préféré demander l’avortement de l’initiative. En effet, le jardin devait se trouver à proximité du Capitole, le siège au Congrès des États-Unis. En cachant une antenne au sein de la construction, la Chine aurait théoriquement pu intercepter des signaux sensibles.

Huawei dément

Pour l’heure, les agences fédérales américaines n’ont pas de preuve pour confirmer leurs craintes. Le FBI n’a pas pu prouver que des informations sensibles sont effectivement collectées à la demande de Pékin. Selon une des sources anonymes de CNN, il est techniquement très difficile de prouver que des données ont été volées et envoyées à l’étranger.

Comme le souligne Bill Evanina, qui travaillait jusqu’à récemment en charge du Centre national de contre-espionnage et de sécurité, il est souvent compliqué de différencier une manœuvre commerciale légitime d’activités d’espionnage.

« Ce que nous avons vu, ce sont des entreprises légitimes qui sont très éloignées de Pékin qui achètent une installation pour des raisons logiques évidentes, ignorant ce que l’appareil de renseignement chinois veut dans cette parcelle », explique Bill Evanina.

Sans surprise, Huawei a fermement démenti les accusations du FBI. Le groupe affirme ne pas collaborer avec les services de renseignement chinois. L’entreprise a multiplié les démentis de cet acabit au cours des dernières années. Pourtant, une loi de 2017 oblige toutes les entreprises basées en Chine à collaborer avec les services de renseignement du régime communiste.

« Tous nos produits importés aux États-Unis ont été testés et certifiés par la FCC avant d’y être déployés. Notre équipement ne fonctionne que sur le spectre alloué par la FCC pour un usage commercial […] Depuis plus de 30 ans, Huawei a fait ses preuves en matière de cybersécurité et nous n’avons jamais été impliqués dans des incidents », déclare Huawei.

Source : CNN avec 01net.com

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