Tchad : Le filou artistique entre commerçants du marché central, la Mairie et la SNE

Le directeur du Marché central de N’Djaména, Oumar Mamar est suspendu ce 26 juillet 2021 par le Maire 2e adjoint, Brahim Abdou Mahamat Choua. Suspension jusqu’à nouvel ordre. Sur la note de service le suspendant, il ne figure aucun motif. Cela est intervenu seulement quelques heures après que l’Union des délégués des commerçants du marché central a accordé un délai de 72heures à la société nationale d’électricité pour rétablir l’électricité coupée depuis jeudi 21 juillet 2021.

Alors que la situation est intenable au marché central. Les commerçants vendeurs des produits frais, notamment de la viande, du poisson et légumes et les autres articles ne savent à quel saint se vouer. Ceux-ci n’ont d’yeux que pour pleurer devant leurs marchandises en décomposition et qui sombrent dans l’obscurité faute d’électricité coupée par les autorités de la société nationale d’électricité. Les commerçants posent sans réponses et désespérément des questions sur les motifs de cette coupure d’électricité. Face à cette crise déjà caractérisée par un filou, une autre situation s’y ajoute : la suspension du directeur du Marché central. Une suspension là encore sans motif.

Mais un document intitulé « relevé de compte client électricité marché central », qui présente un tableau des impayés de 245 millions, est relayé sur Facebook comme preuve d’un détournement qu’on impute au directeur du grand marché central, Oumar Mamar. L’auteur de la publication de ce document n’est pas aussi connu. Comme tout semble, à dessein, fait pour maintenir un filou artistique absolu au tour de cette affaire.

Le relevé de compte client électricité du marché central d’où ressort la situation due par le client, sort un montant de plus de 245 000 000F CFA, porte la date du 13 septembre 2019. Selon toute vraisemblance, il est question des arriérés de 2001 à 2018. Intervenu après la nomination d’Oumar Mamar au poste de directeur du marché central, en février 2019.

Depuis 2021, les factures d’électricité correspondant à la période de gestion du marché central par Oumar Mamar, montrent que le paiement des frais d’électricité de 2019, 2020 et des six (6) mois de l’année 2021 est régulièrement payé.

Donc, il ressort que le marché central accuse des impayés d’électricité de 250 millions. Formellement, ces impayés correspondent à la période de 2001 à 2018. En effet, entre 2001 et 2018, période correspondant aux impayés de 250 millions, l’on compte sept (7) directeurs ayant dirigé le marché central. Un audit s’avère donc nécessaire, s’il faut s’attarder sur la question de ces arriérés.

Ce qu’il faut savoir, selon une correspondance qui date du 25 mai 2001, signé d’Ali Haroun alors toujours Maire de la ville de N’Djaména, il ressort un engagement pris par la Mairie, que la gestion d’électricité au Marché central relève d’un comité de gestion, créé dans ces conditions. Depuis donc les vingt (20) dernières années, la gestion de l’électricité relève du domaine privé (comité de gestion composé uniquement des commerçants dudit marché). C’est pour dire que la Mairie n’a rien à voir directement avec tout sujet lié à l’électricité. En plus, quoi qu’on dise, le directeur du Marché ne devrait pas être directement n’aurait aucune responsabilité en lien avec la gestion d’électricité.

Si donc la Mairie voudrait reprendre la gestion d’électricité au Marché central, elle devrait passer par une voie plus juste et responsable, que de brumer les commerçants qui ne sont comptables de rien.

A ce rythme où les artères sont sombres et les articles sur les étals sont invisibles, cette situation tend à confirmer que c’est sur instruction du Maire de la ville Ali Haroun que l’électricité serait coupée au Marché central. D’où un conflit d’intérêts sur le chemin de la Mairie centrale menant vers le Marché central. C’est une situation dommageable à tout point de vue qui nécessité d’être absorbée sans tarder afin d’éviter que d’autres situations s’en mêlent surtout que la grève annoncée par les commerçants d’ici jeudi risquent d’enjamber la tranquillité sociale économique, voire politique.

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