Sécurité transfrontalière : le tournant de la maturité entre N’Djamena et Tripoli

Ce mercredi 7 janvier 2026, à N’Djamena, le ministre de la Sécurité et l’ambassadeur libyen ont décidé de créer une équipe spéciale pour lutter ensemble contre les trafics et l’insécurité. L’objectif est clair : transformer cette zone de danger en un espace de paix et de commerce pour le bien des deux populations.

Derrière les portes closes où le général Ali Ahmat Aghabache a reçu l’ambassadeur libyen Othman Fadel Othman Ali, l’enjeu dépasse largement le simple protocole diplomatique. Il s’agit de dompter une cicatrice de sable longue de plus de mille kilomètres, cette frontière tchado-libyenne qui, durant des décennies, fut autant un pont commercial qu’une zone de tous les périls.

L’heure du diagnostic sans concession

Une atmosphère qui traduit l’ urgence silencieuse. Autour du ministre, ses plus proches collaborateurs scrutent les cartes, conscients que la sécurité du Tchad se joue en grande partie sur cette ligne invisible qui ondule entre le massif du Tibesti et les sables du Fezzan. Les échanges n’ont pas été de simples civilités. Ils ont accouché d’un diagnostic sans concession : la porosité de la frontière n’est plus une fatalité que l’on subit, mais un défi que l’on doit administrer. En annonçant la création d’une cellule conjointe de contrôle et de concertation, les deux nations quittent les rivages de la rhétorique pour s’ancrer dans le réel opérationnel.

Cette décision marque un tournant structurel dans la gestion de la criminalité transnationale. Là où les groupes armés et les réseaux de trafics illicites prospéraient sur le flou des juridictions, N’Djamena et Tripoli imposent désormais une architecture de surveillance coordonnée. Le ministre Aghabache l’a martelé avec une fermeté teintée de pragmatisme : cet espace doit redevenir un poumon économique et non un sanctuaire pour l’instabilité. Pour le Tchad, pays pivot de la stabilité sahélienne, sécuriser le Nord n’est pas une option, c’est une condition de survie pour la paix intérieure.

L’aube d’une nouvelle ère sécuritaire au Sahel

L’analyse de cette rencontre révèle une maturité politique nouvelle. L’ambassadeur Othman Fadel Othman Ali, par sa démarche proactive, reconnaît implicitement que la sécurité de la Libye est indissociable de la solidité de l’État tchadien. Cette convergence de vues, saluée par les autorités de la transition à N’Djamena, enterre les vieux démons de la méfiance pour laisser place à une responsabilité partagée. Il ne s’agit plus seulement de patrouilles, mais d’une volonté de promouvoir une circulation humaine mieux organisée, respectant la dignité des peuples nomades qui ignorent les tracés coloniaux, tout en barrant la route aux marchands de chaos.

En quittant le ministère, le sentiment d’un élan renouvelé est palpable. Cette coopération, désormais tournée vers l’action immédiate, envoie un signal fort à la région : le Sahara ne sera plus une zone grise. Entre la fraternité proclamée et l’efficacité recherchée, le Tchad et la Libye viennent de poser une pierre angulaire pour un Sahel plus sûr. L’avenir dira si cette cellule conjointe saura résister aux tempêtes de sable, mais aujourd’hui, à N’Djamena, l’espoir d’une frontière apaisée n’a jamais semblé aussi concret.

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