L’intégration des technologies à l’école franchit aujourd’hui un nouveau cap dans le système éducatif du Tchad. Si l’accès aux ordinateurs et à Internet progresse, les autorités éducatives mettent maintenant l’accent sur le facteur humain. Le lancement du Référentiel national de formation continue des enseignants au numérique marque une volonté claire : placer l’humain, et plus particulièrement l’enseignant, au centre de la modernisation du système scolaire. « Disposer d’équipements et de ressources numériques ne suffit pas », a déclaré Lol Ali Choua. « L’enseignant demeure au cœur du processus éducatif », a-t-il précisé, avant de renchérir : « Il doit être en mesure de maîtriser les outils numériques, de sélectionner et d’exploiter les ressources pertinentes, de concevoir des activités pédagogiques adaptées et d’utiliser le numérique de manière responsable, inclusive et sécurisée. »
Au-delà du matériel : replacer l’enseignant au centre du jeu
Si pendant longtemps, la transition technologique dans les écoles s’est résumée à l’achat de matériel informatique, la conscience gouvernementale s’est aiguisée pour aller au-delà du simple équipement. L’expérience montre bien que disposer d’équipements et de ressources numériques ne suffit pas. Cela justifie toute l’implication de l’Unicef dans cette démarche qui vise à humaniser les technologies et à remettre l’enseignant au cœur des évolutions. Le message est clair : une tablette ou un ordinateur reste un objet inerte sans une méthode pédagogique adaptée. C’est pourquoi le nouveau document d’orientation devra rappeler à tous que l’enseignant demeure au cœur du processus éducatif. La technologie ne vient pas remplacer le maître ou le professeur, mais enrichir sa boîte à outils pour mieux transmettre les connaissances. C’est un gage de confiance pour les professionnels qui ne doivent pas se sentir mis de côté.
Les quatre piliers des nouvelles compétences requises
Pour que cette transition porte ses fruits, le corps enseignant doit acquérir de nouveaux réflexes. Le Secrétaire général adjoint du ministère en charge de l’Education nationale, structure cette montée en compétences contenu dans ce Référentiel national autour de quatre axes majeurs. D’abord, la maîtrise technique, à savoir manipuler et utiliser les outils technologiques avec aisance au quotidien ; ensuite, l’exploitation des ressources, qui consiste à sélectionner et utiliser les contenus numériques les plus pertinents pour le programme scolaire ; puis, l’ingénierie pédagogique, qui vise à concevoir des activités d’apprentissage modernes et adaptées au niveau de chaque élève ; et enfin, la responsabilité éthique, notamment utiliser le numérique de manière sécurisée, inclusive et respectueuse des valeurs citoyennes.
Vers un usage sécurisé et inclusif du numérique
Le défi majeur de cette initiative réside maintenant dans la création d’un environnement numérique protecteur. L’école se doit dorénavant d’apprendre aux jeunes générations à naviguer sur le réseau de façon responsable. En renforçant les compétences des enseignants, le Tchad entend se doter d’un bouclier contre les dérives d’Internet tout en ouvrant une fenêtre sur le monde pour tous les élèves, sans exclusion. Cette initiative de formation continue doit être vue comme une étape nécessaire. Bien mise en œuvre, elle donnera aux enseignants les moyens de guider efficacement la jeunesse tchadienne vers les métiers et les défis de demain.
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