Silencieux, agiles, polyvalents. Les drones ont conquis le ciel tchadien bien plus vite que les textes qui devaient les encadrer. Agriculture de précision, surveillance des infrastructures, cartographie, secours d’urgence… leurs usages se multiplient, portés par une demande croissante du secteur public comme privé. Mais cette irruption soulève une question brûlante : comment intégrer ces aéronefs télépilotés dans un espace aérien déjà complexe, sans compromettre la sécurité des vols habités ni celle des populations au sol ?
C’est tout l’enjeu de la session ouverte ce lundi au CIFOP, dans le 1er arrondissement de N’Djaména, sous l’égide de l’ADAC. Jusqu’au 10 septembre, inspecteurs, agronomes et représentants de l’armée de l’air planchent sur les règles d’exploitation, les responsabilités juridiques et les exigences techniques liées à ces engins nouvelle génération. « L’intégration des drones dans l’espace aérien est un défi majeur pour les régulateurs africains », a rappelé Louis Bakienon, secrétaire général de l’Autorité africaine et malgache de l’aviation civile (AAMAC), présent à l’ouverture. Un message clair : le Tchad ne part pas de zéro, mais il doit aller vite pour ne pas laisser la technologie devancer le droit.
L’atelier ne se limite pas à une mise à niveau technique. Il veut être un laboratoire d’échanges entre acteurs de terrain et décideurs, pour construire une culture commune du drone responsable. « Saisissez pleinement cette opportunité de renforcement des capacités », a exhorté le directeur général de l’ADAC, Brahim Guihini Dadi, invitant les participants à transformer ces quatre jours en tremplin pour une régulation efficace et partagée.
Au programme : sécurité opérationnelle, conditions de vol, assurance, zones interdites, et surtout, une mise en perspective des bonnes pratiques internationales adaptées aux réalités tchadiennes. Car si le drone est un outil d’avenir, son avenir au Tchad dépendra de la rigueur de ceux qui le pilotent… et de ceux qui le contrôlent.
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