Tchad/ Dans les hôpitaux, les poches de sang vendues à des prix exorbitants

Dans les hôpitaux, médecins et malades sont souvent confrontés à des difficultés pour se procurer des poches de sang, avec parfois des cas de décès. Entre temps, un marché noir s’est développé au détriment de la sécurité transfusionnelle des patients.

Des cris déchirent la relative quiétude de la cour de l’hôpital de la Mère et de l’Enfant, cet après-midi ensoleillé. Devant une ambulance garée à l’entrée des urgences,  Mahamat Ahmat est inconsolable. Il vient de perdre sa femme  enceinte qui souffrait d’anémie aiguë. D’abord hospitalisée dans une clinique, la patiente a finalement succombé à l’hôpital, avant de pouvoir être transfusée. De tels événements malheureux sont devenus courants dans les structures sanitaires étatiques. Incroyable mais pourtant vrai, au Tchad,  une personne sur dix meurt dans les hôpitaux, faute de sang de qualité disponible. De la pédiatrie à la maternité en passant par l’hématologie, la diabétologie et les urgences,  le besoin de transfusion sanguine est omniprésent. Mais la quantité de sang disponible demeure insuffisante. D’après des sources sanitaires, les groupes sanguins rares comme O- et AB- sont les plus concernés. Pour que le liquide de vie soit accessible à tous, le gouvernement tchadien a décrété la gratuité des poches de sang, mais dans les hôpitaux, se procurer des poches de sang, est un véritable chemin de croix,  avec parfois des cas de décès.

 « Ma femme était sur le point d’accoucher lorsque nous l’avons conduit ici, après les consultations on nous a recommandé d’apporter des poches de sang, compte tenu de l’urgence, on m’a fait savoir qu’il faut payer avant de trouver une poche. J’ai payé deux poches à 50 milles, ce n’est pas facile ce qu’on fait aux patients. Les poches de sang doivent être gratuites mais ce n’est pas le cas » témoigne une source qui a requis l’anonymat. Une autre emboite le pas, raconte le calvaire vécu. « Ce qu’on vous a raconté est une réalité, j’ai vécu la même situation, mon époux a payé également les poches de sang, mais elles ne sont pas utilisées, comme j’étais dans un état agonisant ».

Quels sont les auteurs? Comment une poche de sang transfusée du Centre National de Transfusion Sanguin peut-elle se retrouver entre les mains des individus? Ce sont autant des questions qui taraudent les esprits. Selon les informations que nous avons recoupées, il s’agirait d’un groupe d’individu bien organisé qui s’adonne à cette basse pratique. « C’est par l’intermédiaire d’une connaissance que j’ai eu deux poches, d’après les explications, c’est une personne qui travaille à l’hôpital la Renaissance qui va apporter » nous confie une source anonyme.

La vente de poche sang, un bizness très rentable

Quelques citoyens interrogés nous expliquent le processus,  à en croire les explications, lorsqu’aucun proche n’est de groupe sanguin compatible, ou que le patient n’a pas de proche pouvant donner, la famille du malade trouve des difficultés pour trouver des poches de sang et doit trouver des amis compatibles avec le patient.  Face à cette difficulté,  les proches du malade,  se tournent vers le marché noir pour assurer la survie du membre de leur famille. C’est alors qu’interviennent ces mafieux, qui proposent aux familles les poches de sang en échange d’argent.  « Étant donné que tu es dans le besoin, tu es obligé de verser une forte somme, ceux qui n’ont pas les moyens pour le faire dans l’immédiat sont confus et perdent leur proche » nous fait savoir Blaise rencontré à l’hôpital.la mafia qui règne dans le secteur crée des pénuries.

Des mesures fortes pour endiguer ce phénomène

Les responsables en charge des hôpitaux sont interpeller à faire d’imagination pour endiguer  ces pratiques malveillantes qui réduisent la sécurité transfusionnelle des patients, du fait de la non-garantie de la bonne santé de ces personnes. Les agents qui s’adonnent à cœur joie à ces ventes, doivent être sanctionnés.  

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