Tchad/ Les aliments vendus aux élèves constituent un risque d’intoxication alimentaire

La qualité des aliments vendus dans certains établissements scolaires de la ville, laisse à désirer. Exposés au soleil, parfois non couvert et abandonnés à la merci des mouches. La consommation de Ces aliments expose les élèves à des nombreuses maladies.

La vente d’aliments de tout genre  devant nos établissements scolaires constitue aujourd’hui un véritable danger d’intoxication alimentaire pour les milliers d’élèves. Le phénomène inquiète parents d’élèves, autorités scolaires  et partenaires de l’école, mais rien de concret  ne semble  entrepris pour réglementer l’activité et créer les conditions de son exercice.

Il est 9H30  au lycée Ibni Souna sis au quartier Ndjari, devant l’établissement sont exposés des étales d’aliments : sandwich, brochettes, pains, bonbons, jus de tout genre. Des étales qui cohabitent avec mouches et  poussière. C’est l’heure de  la recréation sonne et c’est la ruée sur les marchandises. Qui de s’offrir un  sandwich, qui de beignets ou des brochettes. Sous nos yeux, le spectacle est désolant et le constat  fait froid dans le dos. Ce qui suscite des interrogations, c’est la qualité de ces aliments vendus qui laissent à désirer. Interrogé à ce sujet, l’un des responsables dudit  qui a requis l’anonymat affirme que le lycée avait enregistré un cas d’un élève qui après avoir mangé ces aliments a ressenti une forte douleur abdominale. Depuis lors le lycée a pris des mesures pour sanctionner ces femmes, mais ces dernières continuent à envahir le lycée avec leurs marchandises.  Malgré ces dispositions, ces aliments sont vendus de la plus belle. « Pour éviter que mon enfant tombe, chaque matin je lui prépare sa nourriture »  nous lance un parent d’élève.

Le constat est identique, à l’école chagoua appelée communément « école Pantalon », les aliments sont exposés à même le sol, « ici, c’est le désordre total, ces femmes sont également des parents, mais je demande pourquoi elles ne prennent pas le temps de bien préparer, ou encore de bien couvrir ces aliments. Même si c’est pour l’argent il faut penser d’abord à la santé de ces innocents » tance un clandoman qui est venu chercher un élève de cet établissement.

Conditions d’hygiène douteuses

 Selon les résultats d’une étude réalisée par Naibe Maimangyang,  qui s’intitule : Appréciation de la qualité des aliments en milieu scolaire dans la ville de N’Djamena au Tchad. La diversité et la qualité des aliments ont été évaluées à partir des questions posées aux vendeurs. Un questionnaire a aussi été utilisé auprès des administrateurs afin de les interroger sur leurs perceptions vis-à-vis le niveau de salubrité et d’hygiène, ainsi que sur la diversité et la qualité des aliments servis au sein de leur école. L’échantillon était composé de 86,7% de femmes, la plupart des vendeurs (81,9%) avaient entre 18 et 40 ans, plus de la moitié (64,4%) étaient marié(e)s et un peu plus du tiers (35,6%) n’avaient atteint aucun niveau d’éducation formelle. Plusieurs problèmes liés à la salubrité et l’hygiène des aliments offerts ont été observés. Une grande majorité des vendeurs utilisent des tables insalubres (77.8%). Certains milieux de ventes se trouvent à proximité de poubelles (6,7%), de latrines (2,2%) ou de caniveaux (4,4%). Les aliments offerts étaient souvent exposés au soleil (64,4%) et/ou disposé à l’air libre (77,8%) avec présence des mouches (55,6%), d’animaux errants (20%) ou d’insectes nuisibles (26,7%). Quant aux habits et à l’hygiène des vendeurs, la plupart portaient leur tenue de ville (95,6%). Les pratiques pour la propreté des mains n’étaient pas suivies chez la majorité des vendeurs (62,2%), de même que pour le soin des ongles (73,3%). Enfin, la grande majorité des vendeurs (97,8%) n’avaient pas de suivi médical de façon régulière. En ce qui concerne les ustensiles, seulement 53,3% des vendeurs rapportaient laver les ustensiles après chaque usage et 55,6% n’offraient aucun dispositif collectif de lavage des mains.

« Il faut que les autorités fassent des descentes inopinées dans certains établissement, sinon c’est la vie de nos progénitures qui est en danger » prévient Albert Mogna. Les aliments consommés sont impropres. De l’avis d’un médecin, ces enfants peuvent des maladies telles que l’hépatite, la typhoïde, le cancer. Pour éviter le pire, il est conseillé la création d’une cantine scolaire gérée par des personnes formées à cet effet.


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