Emploi-jeune: L’expérience est la condition sine-qua none

Au Tchad, l’expérience professionnelle est devenue l’un des critères  de recrutement qu’exigent les entreprises étatiques comme privées. Pour les jeunes diplômés en  quête d’emploi, ce critère ne permet pas leur insertion dans la vie active.

Depuis un certain temps, les jeunes diplômés tchadiens en quête d’emploi ont du mal à être embauchés par les entreprises tant dans le secteur public comme privé. Car il faut totaliser au préalable cinq, voire dix ans d’expériences professionnelles, une condition sine qua non exigée par les firmes pourvoyeuses d’emploi. Alors que l’expérience professionnelle nécessite l’exercice d’un quelconque emploi.  Ce critère de sélection met à mal l’insertion de ces jeunes dans la vie active prônée par le gouvernement.  Djimgabeye Benoit, titulaire d’une licence en Economie et gestion, raconte sa mésaventure. « J’ai déposé mes dossiers pour un entretien d’embauche dans une entreprise de la place, et j’ai été retenu pour passer l’entretien. A ma grande surprise, le jour-J on me fait savoir que si je n’ai pas capitalisé une expérience de 5 ans avant. Je ne savais pas quoi répondre, j’ai réalisé que c’est une manière de nous disqualifier ». Pour Halimé Aché,  il va falloir qu’on donne la chance aux jeunes d’acquérir l’expérience sur le marché de l’emploi. «  Il n’y a pas une école d’expérience au Tchad, et lorsque des entreprises se permettent d’imposer les années d’expérience comme un critère je pense que la faute revient à l’Etat qui n’a pas su promouvoir la politique de l’emploi comme il se doit, c’est pourquoi il faut qu’on recrute d’abord ces jeunes » a-t-elle déclaré.   Mahamat Moussa, interpelle les autorités à penser à ces jeunes diplômés laissés à leur triste sort. « Ce n’est pas facile de décrocher un emploi de nos jours, les entreprises étrangères ont des principes sévères qui ne permettent aux jeunes de s’insérer dans la vie active. Il faut que le gouvernement pense à créer des emplois décents à la jeunesse tchadienne » a clamé Mahamat Moussa.

L’expérience ou rien

 Toute porte à croire que l’expérience prend le dessus du diplôme de l’avis d’un Directeur d’une entreprise privé qui a requis l’anonymat. « De nos jours la concurrence est rude alors les entreprises veulent recruter des personnes qui ont de l’expérience, qui peuvent apporter un plus pour l’entreprise. C’est vrai qu’il n’y a pas une école d’expérience mais entreprise il faut être réaliste. Aucune entreprise ne peut se permettre de prendre ce risque. ».

La vérité sur l’emploi des jeunes

Selon des nombreux acteurs du système éducatif, la situation que font les diplômés en quête d’emploi est due à l’inadéquation entre les formations dispensées et les emplois disponibles sur le marché du travail au Tchad.  Il est bien vrai que l’expérience professionnelle est à la fois un élément constitutif de la personne et de la performance productive de l’entreprise. Mais compte tenu du contexte tchadien, il est souhaitable de donner l’opportunité aux diplômés car ne dit-on pas qu’on acquiert  l’expérience professionnelle au fil des temps. 

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