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Tchad : Routes, Ponts, Viaducs… Amir Idriss Kourda Face au Grand Défi du Désenclavement

Plus de 2 066 kilomètres de routes achevés en moins de deux ans, cinq grands ponts, quatre bassins de rétention et trois collecteurs à N’Djamena : le ministre des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien routier, Amir Idriss Kourda, a présenté devant le Sénat un bilan marqué par plusieurs réalisations et la relance de chantiers structurants. De l'Est au Nord, en passant par le Centre et la capitale, les projets se multiplient, même si les retards d'exécution et les exigences de qualité demeurent des défis importants.

Lunus Fogap Mis à jour le

Infrastructures de développement

Le désenclavement figure parmi les principaux enjeux du développement économique et territorial du Tchad. Dans un pays où les distances, l’état du réseau routier et l’enclavement saisonnier de certaines localités constituent des contraintes majeures pour les populations et les échanges commerciaux, la construction d’infrastructures de transport occupe une place centrale dans l’action gouvernementale. Le 14 octobre 2026, devant les sénateurs, le ministre Amir Idriss Kourda a présenté les chiffres du bilan enregistré dans le secteur des infrastructures au cours des deux dernières années. Selon les données communiquées à cette occasion, plus de 2 066 kilomètres de routes, toutes catégories confondues, ont été achevés. À ce bilan s’ajoutent cinq grands ponts, quatre bassins de rétention d’eau, trois grands collecteurs dans la capitale ainsi que le lancement de 40 études routières. Ces réalisations s’inscrivent dans le cadre de la politique gouvernementale visant à développer un réseau routier national et à améliorer la connexion entre les provinces, les centres urbains et les corridors commerciaux régionaux.

Des ouvrages structurants dans la capitale

À N’Djamena, l’une des réalisations marquantes de cette période est la mise en service du Pont de la Refondation, le 1er décembre 2025. Cet ouvrage à double voie, construit sur le fleuve Chari, relie les quartiers de Walia et de Chagoua. Son ouverture à la circulation constitue une nouvelle liaison entre deux secteurs importants de la capitale. Le ministre Amir Idriss Kourda a pris part à cette étape, alors que le chantier, engagé plusieurs années auparavant, arrivait à son terme. Parallèlement, plusieurs opérations de réhabilitation et d’aménagement de la voirie urbaine ont été engagées. En juin 2025, le ministère a lancé les travaux sur l’avenue du 10-Octobre ainsi que sur l’avenue Charles-de-Gaulle, notamment le tronçon reliant le marché central au viaduc de Dembé. Plus récemment, une portion d’un kilomètre de l’avenue Charles-de-Gaulle a été réaménagée et rouverte à la circulation, selon les informations publiées le 3 novembre 2026.

Le corridor Douala-N’Djamena : des kilomètres réceptionnés

Sur le corridor Douala-N’Djamena, les travaux du Projet d’amélioration de la performance du corridor Douala-N’Djamena (PCDN) ont également enregistré des avancées. Le 26 mars 2026, le ministère a annoncé la réception technique provisoire de 50 kilomètres supplémentaires, répartis entre deux sections : 25 kilomètres sur le lot de Guélendeng, entre Mogrom Modogou, et 25 kilomètres sur le lot de Kélo, entre Eré Bacthoro. Ces réceptions portent à 50 kilomètres le linéaire réceptionné sur les deux lots concernés. Le projet bénéficie du financement de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de la Banque européenne d’investissement. Son exécution est assurée par CGCOC Group.

L’Est du pays au cœur d’un vaste programme routier

Le 4 mai 2026, à Abéché, Amir Idriss Kourda a procédé au lancement des travaux de bitumage de l’axe Abéché-Amzoer-Guéréda-Iriba-Amdjarass. Long de 381 kilomètres, ce projet représente un investissement de plus de 354 milliards de francs CFA hors taxes, financé sur le budget général de l’État. Réparti en quatre sections, cet axe doit renforcer la connectivité des provinces du Ouaddaï, du Wadi Fira et de l’Ennedi Est. Il prévoit également des ouvrages de drainage, des aménagements urbains, dix forages d’eau potable, cinq écoles et la plantation de 5 000 arbres. Au-delà de la liaison entre les différentes localités, cette infrastructure est destinée à faciliter les échanges commerciaux avec les pays voisins, notamment le Soudan, la Libye et l’Égypte.

Le Centre et le Nord : des chantiers engagés et relancés

Dans le Hadjer-Lamis, le 22 mai 2026, le ministre a lancé les travaux de construction de la route Massakory-Chadra. Long de 63 kilomètres, le projet est financé par l’État à hauteur d’environ 62,5 milliards de francs CFA. Il comprend notamment des ouvrages d’assainissement, l’éclairage public et des aménagements environnementaux. Dans le prolongement de cet axe, les travaux de construction de la route Chadra-Moussoro se poursuivent. Sur la section Chadra-PK30, longue de 30 kilomètres, l’Agence tchadienne de presse faisait état, au 30 septembre 2026, d’un avancement physique de 42,50 %. Les 69 ouvrages hydrauliques prévus sur cette section étaient alors achevés. Dans la province du Lac et le Kanem, le projet Ngouri-Mondo-Mao constitue un autre chantier important. Lancé le 27 avril 2026, ce tronçon de 74 kilomètres représente un investissement de près de 78,9 milliards de francs CFA. Au 28 septembre 2026, son avancement physique était évalué à 5,80 %, les travaux de terrassement étant engagés. Dans le Batha, la reprise du chantier N’Djamena-Bilala-Ati constitue également une étape importante. Après une interruption prolongée liée aux difficultés économiques et financières, les travaux ont repris en 2026. Le tronçon concerné couvre 115,5 kilomètres et affichait un taux d’avancement global de 60,04 % au 1er octobre 2026. Le marché et son avenant représentent environ 70,1 milliards de francs CFA, financés par l’État.

Un suivi de terrain renforcé, mais des défis persistants

Au-delà des lancements de projets, le ministère a multiplié les missions de supervision sur les chantiers. Les visites effectuées sur les axes N’Djamena-Bilala-Ati, Massakory-Chadra-Moussoro, ainsi que sur plusieurs autres corridors, ont notamment porté sur l’évaluation de l’avancement physique, la mobilisation des entreprises, l’approvisionnement en matériaux et le respect des spécifications techniques. Cette démarche de suivi s’accompagne d’instructions visant à accélérer les travaux, renforcer les équipes et, lorsque cela est nécessaire, instaurer le travail de nuit. Le département intervient également dans le suivi des bâtiments publics. Selon les informations communiquées par le ministère en octobre 2026, les travaux de trois universités, treize centres de santé et six hôpitaux provinciaux, précédemment à l’arrêt, ont été relancés. Toutefois, le bilan présenté devant le Sénat n’a pas occulté les difficultés. Les élus ont notamment soulevé les retards de certains projets, la dégradation précoce de routes, l’enclavement de plusieurs localités et les questions relatives à la qualité des ouvrages. En réponse, le ministre a évoqué les difficultés de paiement, les pénuries de carburant, les contraintes climatiques et la mobilisation insuffisante de certaines entreprises. Il a également indiqué que des reprises de travaux avaient été ordonnées sur des tronçons jugés non conformes. Les axes Kélo-Pala-Léré et Djoumane-Laï-Doba, dont l’exécution accuse des retards importants, figurent par ailleurs parmi les dossiers pour lesquels des discussions sont engagées en vue d’une reprise.

Un réseau national encore à construire

La feuille de route gouvernementale prévoit la réalisation de 7 000 kilomètres de routes à l’horizon 2029. Cet objectif donne la mesure du travail restant à accomplir. Les chiffres présentés par le ministre témoignent d’une activité importante dans le secteur, entre ouvrages réceptionnés, projets lancés, chantiers relancés et études préparatoires. Mais l’enjeu ne réside pas uniquement dans le nombre de kilomètres annoncés. Il concerne également la qualité des réalisations, leur durabilité, le respect des délais contractuels et la répartition équilibrée des investissements sur l’ensemble du territoire. Pour le ministère dirigé par Amir Idriss Kourda, la prochaine étape consiste à transformer les chantiers engagés en infrastructures effectivement livrées et durablement opérationnelles. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, le désenclavement du Tchad reste un chantier national de longue haleine.

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Lunus Fogap

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