Au Tchad, le foyer conjugal n’est pas toujours un refuge. Derrière les affaires spectaculaires qui enflamment les réseaux sociaux, se cache une réalité quotidienne faite de violences physiques, psychologiques, sexuelles et économiques. Selon les données de l’UNFPA, 17,5% des femmes et des filles au Tchad ont subi des violences de la part d’un partenaire intime. En 2018, 16,2% des femmes âgées de 15 à 49 ans déclaraient avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire au cours des 12 derniers mois, selon l’ONU.
Quand la dispute vire au drame
Les violences conjugales ne commencent pas toujours par des coups. Elles débutent souvent par des paroles humiliantes, un contrôle excessif, de la jalousie, de l’isolement, avant de s’aggraver progressivement. Des conflits qui, au lieu d’être réglés par le dialogue ou la séparation, dégénèrent en actes aux conséquences lourdes pour les victimes, leurs enfants et toute la famille.
Des hommes victimes aussi, mais qui se taisent
Si les femmes restent majoritairement touchées, les hommes peuvent aussi être victimes de violences dans le couple. Beaucoup hésitent pourtant à en parler, par honte ou par peur d’être jugés. Dans une société où l’on attend d’un homme qu’il se défende, leur souffrance reste souvent invisible.
Le silence, un second piège
L’un des principaux obstacles reste le silence. Par pression sociale, par peur du qu’en-dira-t-on ou pour garder les problèmes familiaux dans la sphère privée, de nombreuses victimes renoncent à porter plainte. Comme le soulignait déjà l’UNFPA, plusieurs femmes privilégient des arrangements à l’amiable. Un choix qui les laisse sans protection et permet au cycle de la violence de se poursuivre. Au Tchad, des dispositifs de prise en charge existent pour les survivantes de violences basées sur le genre. L’UNFPA indique que ces structures proposent des services sanitaires, juridiques et psychosociaux. Mais la prévention reste essentielle : éducation au respect, promotion du dialogue, déconstruction de l’idée qu’une dispute peut justifier la violence. Les violences conjugales ne sont pas une affaire privée. Elles sont une question de société.


