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À New York, l’AES peaufine sa voix unique avant l’ONU

Réunis à New York à la veille du débat général de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont harmonisé leurs messages. Objectif : porter la parole de la Confédération des États du Sahel d’une seule voix, et peser sur une scène internationale en pleine recomposition.

Bakary Yaou Sangaré, Abdoulaye Diop, Karamoko Jean Marie Traoré
Bakary Yaou Sangaré, Abdoulaye Diop, Karamoko Jean Marie Traoré

C’est à New York, quelques heures avant l’ouverture du débat général de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, que les trois chefs de la diplomatie de l’AES se sont retrouvés. La rencontre s’est tenue en amont de la séquence diplomatique qui court du 22 au 26 septembre 2026, puis le 28 septembre, au siège de l’ONU. Un moment choisi avec soin : la session, ouverte le 8 septembre 2026, rassemble chefs d’État, chefs de gouvernement et hauts représentants autour du thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ». Un thème qui place la gouvernance mondiale, la paix et la coopération internationale au cœur des échanges.

 Trois ministres, une seule ambition

Autour de la table : Karamoko Jean Marie Traoré, ministre burkinabè des Affaires étrangères ; Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie malienne ; et Bakary Yaou Sangaré, ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur. Des responsables diplomatiques des trois pays ont également pris part aux préparatifs. Leur mission : coordonner la participation de l’AES et harmoniser les éléments de langage. En diplomatie, les mots comptent. Les formuler ensemble, c’est déjà afficher une position commune.

 Pourquoi cette rencontre compte

Depuis la création de l’Alliance des États du Sahel en 2023, puis sa transformation en Confédération des États du Sahel en juillet 2024, Ouagadougou, Bamako et Niamey cherchent à institutionnaliser leur coopération. La diplomatie en est l’un des piliers. En juin 2026, une réunion ministérielle à Bamako avait déjà insisté sur la coordination diplomatique et la diversification des partenariats. New York s’inscrit dans cette continuité : il ne s’agit plus seulement de défendre séparément des intérêts convergents, mais de construire une expression collective.

Les enjeux : souveraineté, influence et crédibilité

Le discours est désormais bien rodé : souveraineté, maîtrise des ressources nationales, diversification des partenariats. Le Burkina Faso assume un repositionnement diplomatique qui l’a rapproché de la Russie, de la Chine, de l’Iran, de la Corée du Nord, du Venezuela et des BRICS. Une logique qui touche aussi l’économie, l’énergie, les mines et la sécurité. En août 2026, une rencontre ministérielle consacrée à ces secteurs a été présentée comme une étape vers une meilleure maîtrise des ressources de l’espace confédéral. Mais l’enjeu dépasse le symbole. Parler d’une seule voix à l’ONU, c’est tenter de transformer une posture de rupture en capacité d’influence réelle. Cela suppose de nouer des coalitions, de défendre des positions et de produire des résultats concrets. En septembre 2025, lors de la 80ᵉ Assemblée générale, les ministres de l’AES avaient déjà rencontré le président de la Commission de l’Union africaine pour discuter des perspectives de coopération. La convergence affichée devra cette fois se muer en actes.

L’heure de la crédibilité

À New York, les trois pays ne disposeront pas seulement d’une tribune. Ils auront devant eux une communauté internationale attentive aux transformations du Sahel. Le rendez-vous sera celui de la parole. Il sera surtout celui de la crédibilité. Car au-delà des discours, c’est la capacité de l’AES à agir de manière concertée et durable qui sera jugée.

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