Au lendemain d’un premier tour marqué par une poussée inédite du Rassemblement national et des scores solides de La France insoumise(LFI) l’entre-deux-tours s’ouvre sous haute tension. Alors que les listes doivent être déposées avant le mardi 17 mars à 18h, les maires sortants de Bordeaux et Marseille ont tranché ce lundi 16 mars : ce sera sans les « Insoumis » pour le second tour du 22 mars prochain.
À gauche, l’heure n’est plus aux embrassades mais aux barricades partisanes. Entre calculs de survie et refus des radicaux, les états-majors jouent leur va-tout pour conserver les grandes métropoles.
Le paysage politique se cristallise autour d’une ligne de fracture nette. À Marseille, Benoît Payan a officiellement fermé la porte à toute fusion avec LFI, malgré la menace pressante de Franck Allisio (RN), arrivé à un souffle du maire sortant (35% contre 36,6%). Le pari est immense : espérer que le « Printemps marseillais » suffise à faire barrage à la « vague brune » sans l’apport structurel des troupes mélenchonistes.
Même scénario à Bordeaux, où l’entourage de Pierre Hurmic a douché les espoirs d’union. Le maire écologiste sortant refuse toute modification de sa liste, préférant s’appuyer sur sa dynamique propre plutôt que d’intégrer des éléments de La France insoumise. Cette stratégie du « cavalier seul » à gauche pourrait s’avérer périlleuse dans un scrutin où chaque voix comptera pour transformer l’essai du premier tour.
Paris et Lyon dans l’incertitude, Toulouse montre la voie
Dans la capitale, le climat est tout aussi glacial. Emmanuel Grégoire a décliné la main tendue de Sophia Chikirou, laquelle menace désormais de se maintenir au second tour, au risque de provoquer une triangulaire fatale à la majorité sortante. À Lyon, Grégory Doucet hésite encore face aux propositions de fusion d’Anaïs Belouassa-Cherifi, alors que l’ombre de Jean-Michel Aulas plane sur l’hôtel de ville.
Seule Toulouse semble faire exception à cette règle de la division. Dans la Ville Rose, où LFI a créé la surprise en devançant le Parti Socialiste, un accord de liste commune a été scellé dès ce lundi matin. C’est l’unique grand bastion où la gauche semble avoir compris que l’unité reste, mathématiquement, le seul rempart efficace contre la droite et l’extrême droite.
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