Dakar, Ce 10 février 2026 à Dakar, l’onde de choc dépasse les murs de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Après le décès brutal d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, le campus de Dakar s’est réveillé dans la stupeur et le deuil. Entre promesses de justice et appels au calme, le gouvernement tente de désamorcer une crise sociale qui couve depuis des mois.
Le silence a remplacé les slogans, mais l’air reste lourd sur le campus de l’UCAD. Lundi, ce qui devait être une énième mobilisation pour le paiement des bourses a basculé dans le drame. Abdoulaye Ba n’achèvera pas son cursus médical ,il a perdu la vie au cœur des heurts qui ont opposé étudiants et forces de l’ordre.
Une enquête pour rompre le cycle du silence
Face à l’indignation qui gagne les rangs de la communauté universitaire, le gouvernement sénégalais a réagi par voie de communiqué officiel, qualifiant les faits de « graves ». En présentant ses « condoléances les plus attristées », l’exécutif s’est engagé sur un terrain attendu par l’opinion publique : celui de la vérité.
« Toute la lumière sera faite sur les circonstances de ce drame », assure le communiqué.
Au-delà de l’émotion, l’enjeu est désormais judiciaire. Les autorités promettent que les responsabilités seront établies « conformément aux lois en vigueur ». Mais dans un contexte de tensions récurrentes, la parole officielle suffira-t-elle à apaiser la colère des étudiants ?
Un front gouvernemental uni pour la transparence
Pour marquer l’importance de l’événement et répondre à l’exigence de transparence, un dispositif exceptionnel est déployé ce mardi. À 16h30, les murs de la Primature accueilleront un point de presse de haute importance. La présence conjointe des ministres de la Justice, des Forces armées, de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur témoigne de l’urgence de la situation.
Il ne s’agit plus seulement d’une question académique, mais d’une crise sécuritaire et politique majeure.
Le malaise profond des campus
Ce drame n’est pas un incident isolé. Il est le point de rupture d’un malaise qui s’est accentué ces derniers mois. Au cœur des revendications : le retard chronique du versement des bourses, nerf de la guerre pour des milliers d’étudiants dont la survie dépend de ces allocations.
Alors que des mesures de sécurité immédiates ont été annoncées pour stabiliser le campus, une question demeure : comment restaurer le dialogue là où la violence a pris le dessus ?Le Sénégal, meurtri, attend désormais des actes concrets pour que le nom d’Abdoulaye Ba ne vienne pas simplement s’ajouter à la liste trop longue des victimes de crises universitaires.

