Alors que le Tchad s’affirme comme un acteur dynamique du numérique, il s’inscrit dans une tendance régionale spectaculaire. En 2022, la zone CEMAC a franchi un cap vertigineux avec plus de 2,4 milliards de transactions financières, totalisant un montant colossal de plus de 107 126 milliards de FCFA. Dans ce paysage, le Tchad tire son épingle du jeu avec 12,5 millions d’abonnés au mobile, le pays enregistre la plus forte croissance de connexions de la zone (+11,5 %). Le téléphone n’est plus un luxe, c’est l’outil qui permet à des millions de personnes d’accéder enfin à des services financiers de base.
107 126 milliards de FCFA est le montant colossal des transactions qui brassent désormais l’économie de la CEMAC. Une révolution numérique dont le Tchad devient l’un des moteurs les plus prometteurs.Avec 12,5 millions d’abonnés mobiles, le téléphone n’est plus un simple gadget au Tchad, mais le premier guichet bancaire d’une population en marche vers la dématérialisation totale.

Pourtant, le chemin vers une économie « sans cash » reste semé d’embûches. Si le Mobile Money est devenu le moyen de paiement roi (utilisé dans 96 % des opérations en nombre dans la zone), le Tchad doit composer avec un internet qui pèse lourd sur le portefeuille. À 3 333 FCFA le giga-octet, le pays se classe parmi les plus chers au monde, ce qui freine l’élan de nombreux citoyens. Malgré cela, l’infrastructure bancaire tchadienne reste solide avec 10 banques commerciales gérant plus de 314 000 comptes, complétée par un secteur de la microfinance dynamique comptant plus de 221 000 comptes.
Face à cet essor, la BEAC (Banque des États de l’Afrique Centrale) joue le rôle de gendarme et de visionnaire. Pour garantir la sécurité, elle a imposé la normalisation des comptes : chaque portefeuille mobile est désormais doté d’un IBAN à 27 caractères, le rendant aussi sûr qu’un compte bancaire traditionnel. L’institution surveille aussi de près les nouvelles tendances comme les cryptomonnaies, tout en lançant des réflexions sur sa propre Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC) pour moderniser les échanges entre les États membres.
Enfin, l’interopérabilité devient la règle d’or. Grâce au réseau GIMACPAY, il est désormais possible d’utiliser sa carte ou son téléphone sur presque tous les terminaux de la région, quel que soit son opérateur. Le Tchad participe activement à cette intégration régionale, même si le Cameroun domine encore largement les volumes. L’objectif est clair pour les autorités tchadiennes et la BEAC , réduire l’usage des billets de banque physiques au profit de paiements numériques plus transparents, plus rapides et accessibles à tous.

