Sommet Mondial des Gouvernements 2026 : le réveil des Architectes africains

Ce 3 février 2026 à Dubaï, alors que s’ouvre le Sommet mondial des gouvernements, le message porté par Taye Atske Selassie, Premier ministre éthiopien, a résonné comme un manifeste pour une Afrique souveraine.

En affirmant que le continent ne doit plus être une simple « observatrice » mais l’« architecte de son propre destin », Taye a acté la fin d’une ère : celle de l’attente, pour laisser place à celle de l’audace technologique et géopolitique.

Dans un système multilatéral en pleine érosion, où les anciennes alliances s’effritent, l’Afrique se trouve à la croisée des chemins. Pour le Sud global, l’incertitude n’est pas seulement un risque, c’est une opportunité de redéfinir les rapports de force par l’innovation.

Le levier de la Souveraineté

Le constat est sans appel , l’intelligence artificielle, la finance numérique et les énergies renouvelables sont les nouveaux outils de la libération économique. En sautant les étapes traditionnelles de l’industrialisation lourde pour embrasser directement la révolution verte et digitale, le continent peut combler son retard structurel. Cependant, un mur persiste : le manque de capitaux. Le financement des infrastructures reste le goulot d’étranglement qui sépare encore la vision de la réalité.

Quel Écho pour la CEMAC et le Tchad ?

Si le discours de Selassie est éthiopien, sa portée est vitale pour la zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) et singulièrement pour le Tchad.

Pour des économies comme celle du Tchad, la transition vers les énergies renouvelables évoquée à Dubaï n’est plus une option écologique, mais une nécessité de survie économique. Le soleil et le vent du Sahel sont les gisements d’hydrogène vert de demain.

Pour le Tchad, pays continental, la « connectivité » mentionnée au sommet est le seul véritable remède à l’enclavement géographique. Le développement de la fibre optique transfrontalière et de la finance numérique au sein de la CEMAC est indispensable pour intégrer les marchés régionaux.

L’appel à la finance numérique doit pousser la CEMAC à accélérer la modernisation de ses systèmes de paiement. La numérisation des échanges est le levier le plus rapide pour stimuler le commerce intra-africain et attirer les investisseurs lassés par les lourdeurs bureaucratiques.

« Le chemin est escarpé, mais la direction est claire , transformer les défis géopolitiques en leviers de croissance endogène. »

Le Sommet de Dubaï rappelle aux dirigeants d’Afrique Centrale que l’avenir ne se négocie plus uniquement à Washington ou à Paris, mais se construit à travers des partenariats technologiques audacieux et une solidarité régionale renforcée. Pour N’Djamena comme pour Addis-Abeba, l’heure est au courage de l’autonomie.

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