Sous les lustres dorés du siège de l’Union Africaine (UA),à Addis-Abeba, ce mois de Février 2026,le 39ème sommet s’est achevé sur un mélange familier de grandes ambitions et de doutes persistants. Alors que le président burundais Évariste Ndayishimiye prend les rênes d’une organisation en quête de souffle, l’analyse des dossiers chauds révèle un fossé entre la rhétorique diplomatique et le quotidien des 1,4 milliard d’Africains.
Alors que le budget 2026 de l’organisation affiche une hausse de 12 %, le financement des programmes reste sous perfusion étrangère, avec plus de 77 % des fonds encore fournis par les partenaires internationaux.Avec 60 % de la population africaine âgée de moins de 25 ans, le sommet doit répondre au défi colossal de transformer la ZLECAF en un moteur capable de générer les millions d’emplois promis à l’horizon 2030.
Des préoccupations continuelles

Le mythe du passeport unique africain reste, en 2026, une chimère pour le citoyen lambda. Si des pays comme le Rwanda ou les Seychelles ouvrent leurs portes, la majorité des États invoquent des « raisons de sécurité ». Pour l’instant, la liberté de circulation totale est un privilège d’élite, pas un droit populaire.
La ZLECAf promet de baisser les prix en supprimant les barrières douanières, mais l’impact reste invisible. Pourquoi ? Car les infrastructures manquent : il coûte toujours plus cher de transporter des marchandises entre deux capitales africaines qu’entre l’Afrique et l’Asie.
Le paradoxe de l’impuissance

L’UA condamne les putschs militaires mais reste souvent impuissante face aux « coups d’État civils » (mandats prolongés). Cette politique du deux poids, deux mesures affaiblit sa crédibilité pour restaurer l’ordre constitutionnel. Par ailleurs, malgré la volonté de « faire taire les armes », l’UA dépend encore massivement des financements de l’Union Européenne et de l’ONU pour ses opérations de paix. Sans souveraineté financière (seuls 17 pays appliquent la taxe de 0,2 % sur les importations pour financer l’UA), l’agenda sécuritaire reste dicté par l’extérieur.
Il est important de noter selon plusieurs analystes politiques, que « l’argent de l’UA alimente une bureaucratie croissante, tandis que les crises humanitaires (Soudan, Est de la RDC) reçoivent des réponses jugées timorées. Pour beaucoup, l’UA ressemble encore trop à un « club de chefs d’État » déconnecté des aspirations de la jeunesse.
La révélation de ce sommet réside dans l’accélération de la nouvelle architecture financière africaine. En effet, l’Afrique doit utiliser ses propres banques et ressources pour ne plus dépendre du bon vouloir des donateurs.
Ainsi, l’Union Africaine ne sera respectée que le jour où elle financera ses propres décisions.

