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Partenariat Russie – Afrique : Quand Moscou veut faire autrement

À l’ouverture du Forum des Médias Russie – Afrique qui s’est ouvert ce lundi 26 octobre 2026, réunissant environ 500 journalistes dont plus de 200 venus du continent africain, le gouvernement russe a défendu un partenariat basé sur le respect de la souveraineté et le partage de solutions durables. Autour du thème principal du Troisième […]

Lunus Fogap Mis à jour le

Forum des Médias Russie

À l’ouverture du Forum des Médias Russie – Afrique qui s’est ouvert ce lundi 26 octobre 2026, réunissant environ 500 journalistes dont plus de 200 venus du continent africain, le gouvernement russe a défendu un partenariat basé sur le respect de la souveraineté et le partage de solutions durables. Autour du thème principal du Troisième Sommet Russie – Afrique, « Libérer ensemble le potentiel de chaque pays africain », le Directeur adjoint de l’Administration du président de la Fédération de Russie, chargé des Affaires économiques et sociales, Maxime Orechkine, a déroulé la nouvelle doctrine du partenariat russe vers le continent. Trois axes majeurs structurent le partenariat que la Russie propose aux pays africains : la gouvernance et les institutions, les ressources essentielles et les commodités, ainsi que les infrastructures. Ces axes reposent tous sur le strict respect de la souveraineté des États. Dans sa présentation, Maxime Orechkine a entretenu les participants, essentiellement des journalistes venus de tous les continents, sur la notion de souveraineté selon la perspective russe. Deux domaines stratégiques ont particulièrement marqué l’attention de l’auditoire : l’énergie et le numérique.

Le besoin crucial de l’Afrique en énergie

L’énergie est un levier fondamental pour le développement des pays africains, a déclaré Maxime Orechkine, avant de confier que « la Russie dispose d’une source diversifiée d’énergie électrique assez importante pour la déployer en Afrique ». « La consommation d’énergie électrique de toute l’Afrique ne représente actuellement que 5 % du taux mondial », affirme-t-il. Il note cependant que la Russie est prête à « accompagner les pays africains à accélérer le développement de leur système énergétique afin de relever ce niveau à 10 %, pour rendre les Africains indépendants et forts ». Le conférencier a insisté sur cette approche de partenariat pragmatique fondé sur des résultats concrets, visant à voir ses partenaires « forts et indépendants ». Cette conception, selon lui, distingue radicalement la Russie des puissances occidentales.

Transférer les technologies sans imposition coloniale

De plus, pour libérer le potentiel des Africains, les entreprises russes privilégient l’implication des entreprises locales d’une part, et assurent un véritable transfert de compétences d’autre part. Énergie, numérique, santé publique… l’approche russe vise à s’appuyer sur ses propres technologies pour développer la souveraineté spécifique de chaque pays. « La Russie ne s’engagera jamais dans un schéma colonialiste en important et en installant ses entreprises dans des États de manière unilatérale », a précisé le responsable de l’Administration présidentielle. Pour lui, les investisseurs russes, lorsqu’ils s’implantent dans un pays, recherchent des partenaires locaux, collaborent étroitement, et installent les serveurs ainsi que les données localement. L’objectif de la Russie n’est autre que de promouvoir la souveraineté partout pour rendre les peuples autonomes. Pour le conférencier, « il ne s’agit pas pour la Russie de chercher ses propres intérêts ou de simples débouchés ». Pour soutenir ce postulat, M. Maxime Orechkine déclare que la Russie affiche l’un des taux de chômage les plus bas du monde, soit 2 %. Elle ne cherche donc pas à dominer les marchés africains, mais souhaite participer à l’émancipation économique africaine par la promotion des technologies et des modèles russes.

L’Égypte, modèle du partenariat de solutions

Pour appuyer cette approche, Maxime Orechkine a cité l’exemple de l’Égypte, où la Russie a développé une infrastructure d’énergie électrique robuste qui a renforcé l’indépendance du pays. Cet investissement sur place garantit la continuité des services et permet à l’Égypte de faire face à d’éventuelles sanctions énergétiques, car toutes les installations de ses infrastructures sont situées à l’intérieur des frontières nationales. Le conférencier relève que, face aux comportements jugés condescendants et coercitifs des pays occidentaux, la volonté de la Fédération de Russie est de multiplier les partenaires forts et indépendants afin de construire un monde juste et multipolaire.

La souveraineté numérique comme arme d’émancipation

Selon lui, les États africains subissent aujourd’hui le colonialisme numérique des États ayant développé les grandes plateformes mondiales (messagerie, intelligence artificielle, logiciels, gestion des données). Ainsi, pour que l’Afrique puisse véritablement décoller, elle doit impérativement promouvoir sa souveraineté numérique. « Les réseaux occidentaux peuvent être utilisés comme une arme. Ils vous imposent leurs conditions d’utilisation et leur manière de réfléchir. Le développement de ses propres réseaux sociaux est une nécessité pour accéder à la souveraineté », a-t-il avancé. Grâce à ses avancées dans le domaine technologique, la Russie souhaite mettre le savoir de ses scientifiques à la disposition de ses partenaires africains, afin de moderniser les pratiques médiatiques et de permettre à l’Afrique de promouvoir ses propres récits.

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