OMC : Yaoundé épicentre d’une mondialisation en quête de souffle

Alors que s’ouvre aujourd’hui au Cameroun la 14e Conférence ministérielle de l’OMC, l’organisation joue sa survie dans un climat de fragmentation extrême. Entre les bruits de bottes au Moyen-Orient et le retour en force du protectionnisme américain, les 166 États membres disposent de quatre jours pour éviter la paralysie du système commercial multilatéral.

L’ouverture de ce sommet à Yaoundé ne se fait pas sous les meilleurs auspices. Le conflit persistant au Moyen-Orient projette une ombre épaisse sur les débats, perturbant les routes maritimes essentielles et faisant craindre une nouvelle envolée des prix de l’énergie. Pour la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, l’urgence est double ,stabiliser les échanges face aux chocs extérieurs tout en gérant l’imprévisibilité de l’administration américaine. Le spectre d’une guerre commerciale généralisée, bien que partiellement contenu, reste la menace principale pour une croissance mondiale déjà révisée à la baisse pour 2026.

La fracture Nord-Sud au cœur des débats socio-économiques

Le choix de l’Afrique pour ce sommet n’est pas anodin. Si le continent affiche une résilience notable, portée par le dynamisme des services au Maroc ou au Nigeria, il reste le plus exposé aux défaillances de l’OMC. À Yaoundé, les pays en développement réclament des marges de manœuvre pour protéger leur souveraineté alimentaire et leurs industries naissantes. En face, les puissances occidentales, menées par une Union européenne en quête de « conditions de concurrence équitables », poussent pour une réforme profonde de l’Organe d’appel, actuellement paralysé, afin de sanctionner les distorsions de marché.

Entre numérique et souveraineté

Le point de rupture pourrait bien venir de l’économie numérique. Les membres doivent trancher sur la reconduction du moratoire interdisant les droits de douane sur les transmissions électroniques, une mesure vitale pour les géants de la Tech mais contestée par des pays comme l’Inde qui y voient un manque à gagner fiscal. Entre les exigences de transition climatique de l’après-COP30 et les velléités de réforme structurelle portées par des acteurs comme la Russie ou la Chine, Yaoundé est le théâtre d’une lutte d’influence majeure. Si aucun consensus n’émerge d’ici dimanche, c’est toute la crédibilité de l’OMC comme régulateur mondial qui pourrait s’effondrer.

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