Les deux grand opérateurs de téléphonie mobile présent au Tchad, se sont réunis ce 16 décembre 2025, pour s’assurer de l’aboutissement du projet « fibre optique Doba – Iriba » . Entre prouesse technique et promesse sociale, le Ministre Dr Boukar Michel a posé les jalons d’un Tchad enfin désenclavé. Mais au-delà des câbles, le défi du coût et de la stabilité reste entier.

Ce mardi, lors d’une réunion préparatoire avec les géants de la téléphonie Airtel et Moov Africa, le Ministre des Postes et de l’Économie Numérique, le Dr Boukar Michel, a finalisé les détails d’une réception historique. Le tronçon Doba-Iriba n’est pas qu’un segment supplémentaire ; c’est une pièce maîtresse du « backbone » (dorsale) national.
En reliant le Sud au Nord-Est du pays, cette infrastructure réduit drastiquement la fracture géographique. Pour les régions les plus reculées, c’est une véritable « autoroute de l’information » qui s’ouvre, promettant d’irriguer des zones autrefois laissées en marge de la révolution Web.
Du savoir à l’économie
Pour la jeunesse tchadienne, l’arrivée de la fibre est synonyme d’émancipation intellectuelle. Là où le téléchargement d’un simple document PDF relevait du parcours du combattant, la réduction de la latence promet une fluidité nouvelle pour l’e-learning et l’accès aux ressources académiques mondiales.
Sur le front économique, les bénéfices sont tout aussi tangibles . Une possible Visioconférences stables pour les entreprises, une sécurisation des transactions Mobile Money, moteur essentiel de l’économie locale et une productivité accrue pour les entrepreneurs qui ne dépendront plus de connexions aléatoires.
Le prix du « Go »

C’est ici que l’analyse se heurte à la réalité du portefeuille des Tchadiens. Si l’infrastructure est une victoire technique, le succès social dépendra de la tarification.
Actuellement, les offres oscillent entre 550 FCFA le Go et 15 000 FCFA pour la fibre à domicile. Pour que le numérique devienne réellement « social » et accessible à la classe ouvrière, une baisse progressive est impérative. L’enjeu repose désormais sur les épaules des opérateurs et de l’organe de régulation : l’infrastructure étant déployée, les économies d’échelle doivent bénéficier directement au consommateur final.
Les quatre piliers de la réussite
Le passage de la « victoire technique » à la « réussite citoyenne » repose sur quatre défis majeurs que le gouvernement devra relever avec fermeté . A savoir, protéger ces installations coûteuses contre le vandalisme, veiller à ce que la concurrence entre Airtel et Moov pousse les prix vers le bas. Sans une électricité stable, la fibre n’est qu’un fil inerte sous le sable.
Le Tchad ne se contente plus de rêver de modernité, il la construit. Cependant, la réussite de ce projet ne se mesurera pas au nombre de kilomètres de câbles enfouis, mais à la capacité du citoyen lambda à se connecter, s’informer et travailler sans se ruiner. Le « Backbone » est là, reste maintenant à lui donner une âme humaine et accessible.

