Niamey se réveille en paix : pari gagné de stabilité pour les habitants et la diaspora tchadienne

Au lever du soleil ce jeudi 29 janvier 2026, le vrombissement habituel des taxis et l’effervescence des marchés de Niamey ont rapidement étouffé les échos sinistres de la nuit. Quelques heures après les détonations qui ont fait vibrer les abords de l’aéroport international Diori Hamani (AIDH), la capitale nigérienne affiche un visage de sérénité retrouvée. Un retour au calme qui sonne comme un acte de résilience pour une population habituée à braver les tempêtes.

Dès l’aube, les barrages routiers aux abords de la zone aéroportuaire ont été allégés, libérant le flux des motos-taxis. Si la présence militaire reste nerveuse devant la Base aérienne 101 cœur névralgique de l’Alliance des États du Sahel (AES) l’activité civile n’a pas attendu de communiqué officiel pour reprendre ses droits.

Ce retour à la normale est un signal fort . L’État verrouille ses infrastructures vitales. L’enjeu est aussi économique. L’aéroport Diori Hamani reste le point de transit du stock national d’uranium. Dans un Niger en pleine transition, chaque heure de tension est une menace sur la chaîne logistique minière et les recettes fiscales du pays.

Sous le ciel de Niamey, Nigériens et Tchadiens font front commun après la tourmente . Une solidarité à l’épreuve des balles . Frères de destin ,comment la communauté tchadienne de Niamey brave l’incertitude.

Le destin lié des « frères du fleuve »

Au milieu de cette résilience, la communauté tchadienne, forte de plusieurs milliers de ressortissants à Niamey, observe la situation avec un mélange de pragmatisme et de solidarité sahélienne. Pour ces commerçants, transporteurs ou étudiants, le Niger est devenu une seconde patrie, et ses soubresauts sont les leurs.

« On ne partira pas pour un bruit de fusil »

Roland

Dans le quartier de Talladjé, frontalier de la zone aéroportuaire, Mahamat, un commerçant tchadien installé depuis dix ans, balaie le pas de sa boutique de pagnes. La nuit a été courte, mais son rideau de fer est levé.

« On a entendu le tonnerre des armes, c’est vrai. On a appelé les parents au pays pour les rassurer. Mais ce matin, le marché est plein. Nous, les Tchadiens, nous connaissons la valeur de la stabilité. On reste ici, on travaille avec nos frères nigériens. La peur ne remplit pas l’assiette », confie-t-il, l’œil rivé sur la circulation.

« On vit ici en parfaite harmonie. Quand Niamey tremble, nos cœurs tremblent aussi. Ce qui nous inquiète, c’est la spéculation sur les prix si ces incidents se répètent. Mais pour l’instant, nous voyons que les autorités gèrent. On continue d’aller en cours. »

L’inquiétude des étudiants

À l’Université Abdou Moumouni, l’ambiance est plus studieuse mais la vigilance reste de mise. Idriss, étudiant tchadien en droit, exprime l’ambivalence de sa communauté :

Un test de crédibilité pour la souveraineté

Le calme revenu sans heurts majeurs souligne l’efficacité des dispositifs de protection actuels, notamment autour du centre de drones. Pour le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), la gestion de cet incident est un test de crédibilité immédiat.

Les retombées sociales sont cruciales

Il faut noter que l’ouverture immédiate des marchés a évité la spéculation sur les denrées de première nécessité. En rétablissant l’ordre en moins de deux heures, le commandement militaire cherche à consolider le lien de confiance avec les citoyens et les communautés étrangères. Les écoles ont ouvert normalement, préservant le tissu social. « Nous avons besoin de travailler pour manger », résume simplement un vendeur de céréales à proximité de l’aéroport.

Niamey panse ses plaies sonores et se tourne déjà vers demain. Si la nuit fut brève et agitée, le jour, lui, appartient à ceux qui construisent l’avenir d’un Niger souverain, loin du fracas des armes. La solidarité entre Nigériens et communautés d’Afrique centrale, elle, semble sortir renforcée de cette épreuve nocturne.

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