Pour transformer la production agricole locale en véritable moteur de croissance, l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE) , mise sur une stratégie audacieuse , 90 millions de FCFA de crédits à taux zéro. Mais pour que ce moteur ne cale pas, un impératif demeure : le remboursement intégral avant les pluies.
Dans les cantons de Matekaga, Ngangara et Goundi, l’économie tourne désormais au rythme du crédit agricole. En injectant 90 millions de FCFA, l’ONAPE ne se contente pas de prêter de l’argent ; il injecte du pouvoir d’achat dans une zone rurale qui en a cruellement besoin.
Le message porté par Mahamat Al-Hafiz Ouchar, chef du guichet agricole, est sans équivoque . Ce crédit à taux d’intérêt zéro est une opportunité historique de briser le cycle de la précarité. Pour les producteurs, c’est la fin du recours aux usuriers et le début d’une agriculture plus sereine.
L’emploi au cœur de la stratégie

Le calendrier est ici le premier allié de l’emploi. L’ONAPE s’est fixé un objectif ambitieux , octroyer les financements dès le mois d’avril. Pourquoi ? Pour permettre une structuration professionnelle des travaux champêtres. En finançant avant la saison des pluies, l’institution permet aux agriculteurs de recruter de la main-d’œuvre locale au moment opportun. Un remboursement à 100 % garantit non seulement le renouvellement du crédit pour 2026, mais aussi une augmentation de l’enveloppe globale, promettant encore plus d’emplois ruraux à l’avenir.
Entre réalités de terrain et engagement social

Tout n’est pas rose pour autant. Sur le terrain, les producteurs font face à des vents contraires : l »appauvrissement des sols qui réduit les rendements ; la chute des prix sur le marché qui fragilise les revenus.
Face à ces difficultés, la dimension sociale du projet repose sur la solidarité communautaire. Les chefs de canton, agissant comme avaliseurs, se sont engagés personnellement. Leur rôle dépasse la simple surveillance : ils deviennent les garants d’une discipline financière nécessaire pour que la province du Mandoul ne soit pas exclue des prochains cycles de financement.
Le compte à rebours est lancé
Le succès de cette opération ne se mesurera pas à la récolte, mais à la capacité de recouvrement. Pour l’ONAPE, l’équation est simple : la rigueur d’aujourd’hui financera l’ambition de demain. Si le Mandoul réussit son pari de remboursement, il deviendra le modèle à suivre pour tout le pays.
source: Dideo Dominique/Correspondant

