La chair de poule: un célèbre chercheur d’Afrique se souvient de ses études en Russie

Dès son enfance, Herinelto Casimiro savait qu’il voulait devenir chercheur en mathématiques. Son talent et ses capacités l’ont porté d’Angola en Russie, à l’Université nationale de recherche d’État de Belgorod. Il a accepté de parler de l’évolution de sa carrière et de ses relations avec les enseignants de l’université russe avec le correspondant spécial du projet « Navigateur social » de l’agence de presse Rossiya Segodnya. Témoignage.

« C’est en voyant quel était mon hobby que mon père a eu l’inspiration de me transmettre son enseignement. J’ai été passionné par « l’art technique » à partir de six ans – inventer des voitures, construire des maisons d’argile et de papier. En voyant mon intérêt d’enfant sincère, avec le temps, mon père a décidé de me passionner par ce qu’il adorait lui-même: les mathématiques. A partir de l’âge de huit ans, il me réveillait à cinq heures du matin pour m’expliquer les propriétés des nombres. Honnêtement, cela ne m’a pas plu au début. Mais mon père insistait et il a eu raison. Par la suite je suis devenu vraiment passionné et j’ai voulu devenir mathématicien.

Les enseignants angolais ont également perçu mon talent et s’occupaient de moi séparément. En 2008, j’ai terminé l’institut polytechnique de Joao Paulo et je suis parti faire mes études en Russie. D’ailleurs, tout comme les mathématiques, la langue russe s’est avérée, elle aussi, assez difficile. Je dessinais des schémas pour mieux comprendre les déclinaisons et je cherchais toujours à tracer des parallèles avec le portugais. Vous n’allez peut-être pas le croire, mais l’étude du russe a perfectionné mon élocution dans ma langue natale.

Quand je me remémore mes années étudiantes en Russie, j’ai la chair de poule. Actuellement, je vis en Angola mais j’espère que je pourrais prochainement me rendre dans mon alma-mater: l’université nationale de recherche de Belgorod. Cette université était une seconde maison pour moi. Je pense que quand on se trouve loin de sa terre natale, c’est très important.

J’y ai vécu pendant neuf ans, j’ai passé mon doctorat, j’ai rencontré beaucoup d’amis et un enseignant avec un grand E: Vladimir Moskovkine. C’est lui qui m’a aidé à rédiger les livres et les manuels de mathématiques que j’ai écrits pour mes étudiants en Angola.

Dans mon pays, les manuels ont été accueillis avec gratitude et ont déjà servi à plusieurs promotions d’ingénieurs. Je pense que si l’on fait vraiment quelque chose avec amour et de bonnes intentions, les résultats significatifs ne se font pas attendre. Ainsi, en 2018, j’ai reçu le titre de Docteur honoris causa en sciences mathématiques. Je suis devenu le quatrième à recevoir ce titre en Angola. Je me souviens de mon étonnement quand mon nom a été annoncé: « Le titre est attribué à Herinelto Casimiro, grand mathématicien africain. » Ce diplôme m’a été remis par le président du Malawi.

Les études à Belgorod ont marqué une étape importante sur le chemin vers mon rêve. Je travaille actuellement en tant que doyen de la faculté économique, président du conseil des chercheurs et responsable du cursus de master pour l’enseignement des mathématiques à l’Université indépendante d’Angola. Je participe également à l’activité sociale. Avec des partisans des mêmes idées, j’aide les enfants qui n’ont pas de capacités financières pour leurs études.

Des enseignants de l’Université de Belgorod continuent de me soutenir dans certains projets. Par exemple, avec le professeur Moskovkine, nous travaillons au renforcement de la compétitivité des universités d’Angola et sur la création de la première base de données dans mon pays pour Scopus (base de données transdisciplinaire de résumés et de citations de publications scientifiques – NdT).

Derrière moi, je voudrais laisser des partisans des mêmes idées dignes et créatifs qui pourraient poursuivre notre « mission »: développer la compétitivité du système scientifique angolais. Il faut beaucoup de travail pour perfectionner les disciplines mathématiques dans mon pays natal. Certes, il existe partout des difficultés, mais je me souviens toujours de la règle principale dans la vie: les difficultés sont la voie vers la réussite! Ce sont les difficultés qui m’ont aidé, avec mes enseignants de l’Université de Belgorod, à faire beaucoup de choses pour développer la science en Angola et occuper une place digne parmi les chercheurs des pays lusophones. »

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