Réunies à Genève les mardi 17 et mercredi 18 février 2026, les délégations russe, ukrainienne et américaine ont tenté de tracer les contours d’un accord de paix, quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle. Malgré une intensification des échanges trilatéraux, les pourparlers se sont soldés par un échec sur les questions de souveraineté, laissant les belligérants dans une impasse politique profonde.
Les discussions, qualifiées de « difficiles » par l’ensemble des parties, n’ont duré que deux heures lors de la session de mercredi, après une soirée prolongée la veille. Si l’envoyé américain Steve Witkoff a tenté de maintenir une note d’optimisme, le négociateur russe Vladimir Medinsky et le président Volodymyr Zelensky ont acté l’absence de percée majeure. Une rencontre à huis clos de 90 minutes entre Moscou et Kiev, tenue en marge du format officiel, n’a filtré aucun détail, confirmant la sensibilité extrême des points de blocage.
Architecture d’un arrêt des combats
Sur le plan technique, une source diplomatique ukrainienne a toutefois fait état de progrès réels concernant les « questions militaires ». Les négociateurs auraient avancé sur la délimitation de la ligne de front et les protocoles de suivi d’un futur cessez-le-feu. Rustem Umerov a décrit ces travaux comme « substantiels et intensifs », suggérant que l’architecture technique d’un arrêt des combats est en cours de structuration, même si son déclenchement reste suspendu à un accord politique global.
Bras de fer autour de Donetsk et Louhansk
Le principal point de rupture demeure le statut du Donbass. La Russie maintient son exigence de contrôle total sur les régions de Donetsk et de Louhansk, une condition que Kiev rejette catégoriquement. Volodymyr Zelensky a comparé toute cession territoriale aux accords de Munich de 1938, affirmant que le peuple ukrainien rejetterait massivement un tel scénario par référendum. Pour l’Ukraine, abandonner ces zones fortifiées reviendrait à fragiliser durablement la sécurité nationale face à de futures incursions.
L’administration américaine de Donald Trump accentue la pression, le président ayant déclaré que l’Ukraine doit revenir « vite » à la table des négociations. Cette hâte se heurte à la volonté de Kiev d’obtenir des garanties de sécurité solides et de récupérer la centrale nucléaire de Zaporijia, actuellement sous contrôle russe. En coulisses, les puissances européennes ,comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie plaident pour une inclusion formelle dans le processus, Zelensky jugeant leur présence « indispensable » pour valider tout traité de paix pérenne.
Alors que l’Ukraine s’apprête à commémorer le quatrième anniversaire de l’invasion le 24 février prochain, la réalité du terrain reste brutale. Les frappes russes continuent de viser les infrastructures civiles et électriques en plein cœur d’un hiver rigoureux. Malgré l’annonce possible d’un prochain échange de prisonniers, le fossé entre la « paix juste » exigée par Kiev et les réalités territoriales imposées par Moscou semble, à ce stade, infranchissable.

