Alors que le monde marque le quatrième anniversaire de l’invasion russe, l’espoir d’un cessez-le-feu semble plus que jamais suspendu aux discussions de Genève. Dans cette Suisse redevenue le centre de la gravité diplomatique ce jeudi 26 février 2026, les délégations ukrainienne, russe et américaine tentent d’accorder des violons désaccordés par quatre années de sang et de débris.
Le climat est d’un froid polaire, et pas seulement à l’extérieur du palais helvétique. Le président Donald Trump, fidèle à sa promesse de mettre fin au conflit « en 24 heures », pousse un plan en 28 points qui fait grincer des dents à Kiev. Si Washington espère une issue rapide avant l’été, l’Ukraine refuse catégoriquement tout abandon territorial sans garanties de sécurité blindées, dénonçant une « paix imposée » au détriment de sa souveraineté.
Une nuit qui annonce autre chose
Sur le terrain, la réalité rattrape brutalement la diplomatie. Dans la nuit du 26 février 2026, alors même que les diplomates s’installaient à table, une pluie de missiles et de drones s’est abattue sur Kiev et Kharkiv. Cette escalade militaire, décrite par Moscou comme une réponse à la « fermeté ukrainienne », souligne l’immense fossé qui sépare les belligérants , négocier tout en frappant pour peser sur le rapport de force.
Côté russe, le discours reste inflexible. Le Kremlin exige la reconnaissance de ses gains territoriaux et une neutralité stricte de l’Ukraine. Vladimir Poutine, tout en feignant de jouer le jeu du dialogue proposé par la Maison-Blanche, semble surtout chercher à diviser le bloc occidental, pariant sur une lassitude européenne face à un coût de reconstruction désormais estimé à plus de 588 milliards de dollars.
L’Europe absente
Les Européens, paradoxalement absents de la table principale de Genève, observent ces tractations avec une inquiétude croissante. Craignant que l’administration Trump ne brade la sécurité du continent pour un succès électoral rapide, l’Union européenne a intensifié son soutien militaire autonome. Pour Bruxelles, une paix qui ne serait qu’une simple trêve tactique pour Moscou préparerait le terrain à un futur conflit encore plus dévastateur.
Au final, cette troisième session de pourparlers laisse un goût d’inachevé. Si des avancées techniques sur l’échange de prisonniers ou la sécurité de la centrale de Zaporijjia sont notables, le cœur du conflit la terre et la souveraineté reste un nœud gordien. Entre le « ni guerre, ni paix » et le spectre d’une guerre d’usure sans fin, la diplomatie à Genève marche sur une ligne de crête de plus en plus étroite.

