CEMAC : pourquoi le moteur de la croissance s’essouffle-t-il ?

Alors que la zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) tente de stabiliser son cadre macroéconomique, la dépendance excessive aux industries extractives fragilise les perspectives de croissance durable. Entre inflation persistante et ralentissement des investissements hors-pétrole, des économies comme celle du Gabon se retrouvent à la croisée des chemins.

Malgré des ressources naturelles colossales, l’espace CEMAC peine à transformer ses atouts en une prospérité inclusive. Le constat est récurrent , la croissance reste largement tributaire des cours mondiaux du brut. Cette vulnérabilité aux chocs extérieurs limite la marge de manœuvre budgétaire des États, rendant le financement des infrastructures de base et des services sociaux de plus en plus complexe. L’inflation, bien que contenue par la politique monétaire de la BEAC, continue de peser sur le pouvoir d’achat, freinant la consommation intérieure.

Le Gabon un modèle de transition sous pression

Le cas du Gabon est emblématique des ambitions et des obstacles de la région. Longtemps perçu comme le bon élève de la diversification grâce à sa filière bois et à sa Zone Économique Spéciale de Nkok, le pays fait face à des défis de gouvernance et de dette. Si Libreville a réussi à structurer une industrie de transformation locale, la chute de la production pétrolière et le besoin pressant de réformes structurelles imposent une accélération de la transition. Le défi est double : attirer des investissements directs étrangers (IDE) dans les secteurs non-extractifs tout en gérant une transition politique et économique délicate.

Étranglement de l’Intégration

Pour l’ensemble de la sous-région, les obstacles demeurent les mêmes .Le coût de l’électricité reste un frein majeur à l’industrialisation. Les échanges intra-communautaires stagnent encore sous la barre des 5%, loin des performances de l’Afrique de l’Est.La lourdeur bureaucratique et l’instabilité juridique découragent encore trop souvent les capitaux privés.

Vers une souveraineté économique

Pour sortir de l’ornière, la solution ne réside plus uniquement dans l’exploitation des sous-sols. Elle passe par la transformation locale des matières premières et une meilleure synergie entre les capitales régionales. Sans une volonté politique forte pour briser les monopoles et encourager l’entrepreneuriat local, la CEMAC risque de rester spectatrice de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), au lieu d’en être l’un des moteurs.

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