Après des frappes aériennes en Syrie et Irak, la Turquie envisage une « opération terrestre »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué le possible lancement d’une « opération terrestre » en Syrie, après avoir essuyé une pluie de roquettes de son voisin lundi. La veille, Ankara avait mené une série de raids aériens en Syrie, en représailles à l’attentat qui a tué six personnes le 13 novembre à Istanbul, attribué par la Turquie aux « terroristes » kurdes.

Au lendemain d’une série de raids aériens contre des positions kurdes en Syrie et en Irak, des tirs de roquettes depuis le territoire syrien ont visé, lundi 21 novembre, la ville turque frontalière de Karkamis (Sud-Est), faisant trois morts, dont un enfant, et six blessés, a annoncé le ministre turc de l’Intérieur. En réponse, le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué le possible lancement d’une « opération terrestre » en Syrie.

« Il n’est pas question que cette opération soit uniquement limitée à une opération aérienne », a déclaré le chef de l’État aux journalistes turcs qui l’accompagnaient au retour du Qatar, où il a assisté à l’ouverture de la Coupe du monde de football.

La série de raids aériens, qui a fait une trentaine de morts dimanche en Syrie, a été déclenchée en représailles à l’attentat qui a tué six personnes le 13 novembre à Istanbul, attribué par Ankara aux « terroristes » kurdes. « Les unités compétentes, notre ministère de la Défense et notre état-major décideront ensemble de la puissance qui doit être engagée par nos forces terrestres », a indiqué le président, faisant état de « consultations » en cours.

« Nous avons déjà prévenu : nous ferons payer ceux qui nous dérangent sur notre territoire », a-t-il réaffirmé.

Dimanche soir et lundi matin, des tirs de roquettes depuis la Syrie ont touché la frontière et le territoire turcs faisant, au total, trois morts et près d’une quinzaine de blessés.

S’agissant de l’opération « Griffe Epée », lancée dimanche contre le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et les Unités de Défense du Peuple (YPG), « elle a été menée par 70 avions et drones », a détaillé le président : « Ils se sont enfoncés de 140 km dans le nord de l’Irak et de 20 km dans le nord de la Syrie », a-t-il précisé.

Recep Tayyip Erdogan a, par ailleurs, assuré n’avoir eu « aucune discussion » avec le président américain Joe Biden ou son homologue russe Vladimir Poutine au sujet de l’opération. Les États-Unis soutiennent les YPG dans le nord-est de la Syrie face aux jihadistes du groupe État islamique et la Russie appuie des milices pro-régime dans la même région.

Dans la foulée de cette annonce, le gouvernement allemand a appelé la Turquie à agir de façon « proportionnée ». « La Turquie se réfère à son droit d’autodéfense pour agir. Nous demandons à la Turquie d’agir de manière proportionnée, en respectant le droit international », a déclaré un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères lors d’un point-presse régulier. « Cela implique notamment que les civils doivent être protégés », a ajouté Christofer Burger, jugeant « extrêmement inquiétantes » les informations sur des frappes turques sur des civils.

Avec AFP

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