Au cœur du Kanem, le lancement de l’axe Ngouri–Mondo–Mao consacre une nouvelle étape de la politique de désenclavement impulsée par Mahamat Idriss Déby Itno, révélant une ambition affirmée de recomposition territoriale et d’intégration nationale.
À Mao, chef-lieu de la province du Kanem, le lancement des travaux de bitumage de l’axe Ngouri–Mondo–Mao (74 km) marque une nouvelle étape dans la stratégie d’intégration territoriale du Tchad. Officiellement lancé le 27 avril 2026 par le ministre des Infrastructures et du Désenclavement. Ce projet, financé à 100 % sur fonds propres de l’État à hauteur de 78,8 milliards de francs CFA, incarne une volonté affirmée de modernisation du réseau routier national.
Un axe vital pour le Kanem
Dans une région longtemps confrontée à l’isolement, cette route est perçue comme une infrastructure structurante. Elle doit faciliter la mobilité des populations, réduire les coûts de transport et stimuler les échanges commerciaux dans une zone à fort potentiel agropastoral. À terme, l’axe Ngouri–Mondo–Mao s’inscrit dans un maillage plus large visant à relier les provinces de l’intérieur à la capitale, N’Djamena, principal pôle économique du pays. Au-delà de son impact local, le projet répond à un défi structurel majeur ; celui d’un réseau routier encore largement insuffisant. Au Tchad, moins de 10 % des routes sont bitumées, un déficit qui freine la circulation des biens et des personnes, et limite l’accès aux services essentiels, notamment en zones rurales.
Une impulsion politique assumée
Ce chantier s’inscrit dans la vision portée par le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, qui a fait du désenclavement et des infrastructures un levier central de développement. Dans un contexte de transition et de recomposition institutionnelle, les investissements publics dans les routes apparaissent comme un signal fort adressé à la fois aux populations et aux partenaires. Le gouvernement entend ainsi poser les bases d’une croissance plus inclusive, en connectant les bassins de production aux marchés et en favorisant une meilleure intégration nationale. « La réussite dépend de la rigueur et de la protection de tous les acteurs impliqués », a rappelé le ministre, appelant à une exécution disciplinée et rapide du chantier.
Coordination et exigence d’exécution
Confié à l’entreprise S3C pour une durée de 30 mois, le projet illustre également une volonté de renforcer l’efficacité de l’action publique. La présence conjointe des autorités administratives, des chefs traditionnels et des opérateurs économiques lors du lancement témoigne d’une approche concertée, où la réussite des infrastructures repose aussi sur l’adhésion locale.
Dans un pays marqué par des contraintes logistiques, sécuritaires et climatiques, la question de l’exécution reste centrale. Les autorités ont d’ailleurs insisté sur la nécessité d’assurer la sécurité du chantier et la qualité des travaux, deux conditions indispensables pour garantir la durabilité de l’ouvrage.
Vers une nouvelle carte des mobilités
Au-delà de ses 74 kilomètres, la route Ngouri–Mondo–Mao s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation du territoire tchadien. En améliorant les connexions entre les provinces et la capitale, elle participe à redessiner la carte des mobilités, tout en renforçant la cohésion nationale. Pour les populations du Kanem, longtemps enclavées, ce chantier représente bien plus qu’un projet routier : il porte la promesse d’un accès facilité aux marchés, aux soins, à l’éducation et, plus largement, à de nouvelles opportunités économiques.
Reste désormais à traduire cette ambition en résultats concrets. Dans un pays où les infrastructures sont un enjeu clé de développement, chaque kilomètre bitumé devient un indicateur tangible de la capacité de l’État à transformer ses engagements en réalité.
Tchad24