À la veille de l’ouverture du sommet de l’OEACP à Malabo, une actualité majeure vient bouleverser l’agenda moral et politique des pays du Sud : l’adoption, le 25 mars 2026, par l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une résolution reconnaissant l’esclavage des Africains comme l’une des plus grandes injustices de l’histoire. Dans ce contexte inédit, ce rendez-vous stratégique en Guinée équatoriale s’impose comme un moment charnière pour repenser le rôle, l’unité et l’influence de l’OEACP sur la scène internationale.
Alors que la communauté internationale vient de franchir un cap historique, le sommet de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), qui s’ouvre ce vendredi 27 mars 2026 à Malabo, en Guinée équatoriale, s’inscrit dans une séquence géopolitique particulièrement significative. En effet, le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, à une large majorité, une résolution reconnaissant l’esclavage des Africains comme l’une des plus grandes injustices de l’histoire de l’humanité. Une décision à forte portée symbolique, qui résonne profondément pour de nombreux pays africains et caribéens membres de l’OEACP.
Cette actualité, aussi inattendue que majeure, marque indéniablement un point de bascule. Bien qu’elle ne figure pas officiellement à l’ordre du jour du sommet de Malabo, elle soulève une exigence morale et politique notamment celle d’engager, en marge des travaux, une réflexion approfondie afin que cette reconnaissance historique ne se limite pas à une simple déclaration diplomatique. Elle doit, au contraire, ouvrir la voie à des actions concrètes, à la hauteur de ce qui est désormais qualifié comme « l’injustice la plus inhumaine et la plus durable contre l’humanité ».
Un sommet pour redéfinir le rôle de l’OEACP
Dans ce contexte mondial marqué par des recompositions géopolitiques accélérées, le sommet de Malabo ambitionne de redéfinir en profondeur le rôle de l’OEACP sur la scène internationale. Plus d’une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que de nombreuses délégations ministérielles et institutionnelles, sont attendus dans la station balnéaire de Sipopo, devenue pour l’occasion l’épicentre de la diplomatie du Sud global. Les travaux porteront principalement sur plusieurs axes majeurs à savoir :
Le repositionnement stratégique de l’OEACP face aux nouvelles dynamiques de puissance mondiale, le renforcement de l’intégration et de la solidarité entre États membres, La défense des intérêts communs dans les négociations internationales, le développement économique durable et inclusif, les enjeux climatiques, énergétiques et numériques, au cœur des transformations actuelles. Avec 79 pays membres dont 48 en Afrique, 15 dans la zone Asie-Pacifique et le reste dans la Caraïbe, l’OEACP constitue un bloc démographique et politique majeur, appelé à peser davantage dans les équilibres internationaux.
La Guinée équatoriale, hôte mobilisé pour un sommet d’envergure
La Guinée équatoriale, pays hôte de ce sommet, a consenti d’importants efforts pour garantir le succès de cet événement d’envergure. Infrastructures modernisées, dispositifs logistiques renforcés, organisation sécuritaire rigoureuse : tout a été mis en œuvre pour offrir un cadre optimal aux échanges de haut niveau. Au-delà de l’accueil, ce sommet représente également une opportunité pour le pays de réaffirmer son rôle diplomatique et son engagement en faveur de la coopération Sud-Sud.
Un travail de fond porté par le secrétariat général de l’OEACP
En amont de ce rendez-vous stratégique, le secrétariat général de l’OEACP et l’ensemble de ses équipes ont mené un travail intensif pour structurer les agendas, coordonner les priorités et préparer des propositions concrètes adaptées aux défis contemporains. Dans un monde de plus en plus polarisé, l’organisation est appelée à évoluer, à se réinventer et à renforcer sa capacité d’influence. Le sommet de Malabo pourrait ainsi marquer une étape décisive dans cette transformation.
Vers une nouvelle ère pour les pays du Sud global
À l’heure où les équilibres mondiaux se redessinent autour de blocs d’influence, les pays de l’OEACP se trouvent face à une responsabilité historique : celle de parler d’une seule voix, de mutualiser leurs forces et de construire des alliances stratégiques plus affirmées. Le signal qui sortira de Malabo sera scruté bien au-delà des frontières de l’organisation. Il pourrait bien définir les contours d’une nouvelle ère pour les pays du Sud global une ère fondée sur l’unité, la souveraineté et la capacité à peser durablement dans les grandes décisions du monde.
Tchad24