« Nous vivons dans le noir » : le cri de souffrance des habitants de Farcha, Walia, Moursal, Atrone et Chagoua

Plusieurs quartiers de la villes de N'Djamena dans la nuit noire

Plongés dans l’obscurité presque chaque jour, les habitants de plusieurs quartiers de N’Djamena, notamment Farcha, Walia, Moursal, Atrone et Chagoua, expriment une exaspération grandissante face à la multiplication des coupures d’électricité.Plusieurs villes de N’Djamena dans la nuit noire paralysées et recours forcé à des solutions alternatives comme les panneaux solaires ou les lampes à pétrole, la frustration s’installe et les appels à des actions urgentes se multiplient. Ce cri venu des quartiers populaires sonne aujourd’hui comme un signal d’alarme adressé aux autorités : face à la souffrance quotidienne des populations, l’électricité ne peut plus rester un luxe, mais doit redevenir un service essentiel et fiable.

À la faveur d’un sondage lancé sur les réseaux sociaux par la plateforme d’information Tchad24, un malaise profond s’exprime au sein de l’opinion publique. La consultation, qui interrogeait les internautes sur l’évolution de la fréquence des coupures d’électricité par rapport à la même période l’an dernier, a suscité plusieurs centaines de réactions et de commentaires. Au-delà des chiffres, les témoignages recueillis dessinent un constat sans appel : pour une grande partie des citoyens, la situation énergétique ne s’est pas améliorée. Pire, beaucoup estiment qu’elle s’est nettement détériorée.

Une perception majoritairement négative

La question posée aux internautes était simple : « Relativement à l’année dernière à cette période, comment jugez-vous la fréquence des coupures d’électricité dans votre secteur actuellement ? » Quatre options leur étaient proposées, allant de « nette amélioration » à « dégradation ». L’analyse des réponses et des commentaires fait apparaître une tendance lourde : la majorité des participants évoque soit une dégradation du service, soit l’absence totale d’amélioration. Les réponses évoquant une amélioration, qu’elle soit légère ou significative, restent marginales. Ce résultat, bien que fondé sur un sondage informel, offre un aperçu révélateur de l’état d’esprit d’une partie de la population, confrontée au quotidien aux difficultés d’un réseau électrique jugé instable.

Des quartiers plongés dans l’obscurité

Dans les commentaires, plusieurs internautes citent des quartiers de N’Djamena où les coupures seraient devenues particulièrement fréquentes. Les habitants de Farcha, Walia, Moursal, Atrone ou encore Chagoua décrivent une réalité faite d’interruptions répétées, parfois prolongées pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. « Dégradation totale », écrit un internaute. « Pire que les années précédentes », renchérit un autre. Dans ces quartiers populaires de la capitale, les coupures ne sont pas seulement une gêne domestique : elles perturbent l’ensemble de la vie quotidienne. Commerces ralentis, activités artisanales paralysées, conservation des denrées alimentaires compromise… Pour de nombreux habitants, l’électricité reste un service incertain dont dépend pourtant une grande partie de leur subsistance.

Des témoignages alarmants en province

La frustration exprimée dans les commentaires ne se limite pas à la capitale. Des internautes originaires d’autres villes du pays évoquent des situations parfois encore plus critiques. À Abéché, un participant affirme avoir connu plusieurs jours consécutifs sans électricité. À Doba, un autre déplore une situation qu’il juge « catastrophique », dénonçant au passage la persistance de factures malgré la rareté du courant. Plus préoccupant encore, certains témoignages évoquent des zones où l’électricité reste pratiquement inexistante. Dans certaines localités du Mayo Kebbi Ouest, des internautes affirment qu’il n’existe ni éclairage public ni alimentation électrique régulière. Ces témoignages, bien que ponctuels, illustrent les inégalités territoriales qui caractérisent l’accès à l’électricité dans le pays.

Ironie, colère et résignation

Au fil des commentaires, un mélange d’ironie et de lassitude traverse les réactions des internautes. Certains choisissent le sarcasme pour exprimer leur désarroi. « L’électricité existe vraiment dans ce pays ? », interroge un internaute. « Si je parle, je vais pleurer », écrit un autre. Ces réactions traduisent une frustration qui dépasse la simple question technique. Pour beaucoup de citoyens, l’instabilité de l’électricité symbolise plus largement les difficultés structurelles auxquelles le pays reste confronté en matière d’infrastructures et de services publics.

Le recours croissant aux solutions alternatives

Face à l’irrégularité du réseau électrique, certains ménages affirment s’être tournés vers des solutions alternatives. Les panneaux solaires, de plus en plus visibles dans certains quartiers, apparaissent comme une réponse partielle à l’instabilité du réseau. Mais ces équipements restent coûteux et donc hors de portée pour une grande partie de la population. D’autres se contentent de solutions plus rudimentaires, comme les lampes à pétrole ou les générateurs, souvent bruyants et onéreux en carburant.

Un défi majeur pour les autorités

La question de l’électricité constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs du développement au Tchad. Dans un pays où la croissance urbaine s’accélère et où les besoins énergétiques augmentent, l’accès à une énergie fiable devient une condition essentielle du développement économique et social. Les témoignages recueillis à l’occasion de ce sondage rappellent l’urgence d’une amélioration durable de la production et de la distribution d’électricité. Renforcement des capacités énergétiques, modernisation des infrastructures, diversification des sources de production : autant de pistes régulièrement évoquées par les experts du secteur. Pour les citoyens, cependant, l’attente reste simple et immédiate : pouvoir disposer d’un courant stable et accessible, condition indispensable pour mener une vie quotidienne normale. À travers leurs réactions, les internautes adressent ainsi un message clair aux autorités : face aux difficultés rencontrées par les populations, la question énergétique ne peut plus être reléguée au second plan. Elle constitue aujourd’hui un enjeu central, à la fois économique, social et politique.

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