Face à la montée préoccupante de l’orpaillage clandestin et aux pertes économiques qu’il engendre, le Gouvernement tchadien hausse le ton. À travers une note circulaire ferme, le Ministère du Pétrole, des Mines et de la Géologie interdit désormais toute visite ou reconnaissance de site minier sans autorisation officielle. Une décision qui marque un tournant dans la volonté de l’État de reprendre le contrôle d’un secteur stratégique, longtemps fragilisé par l’exploitation informelle et les circuits opaques.
Le ton se durcit. Le Ministère du Pétrole, des Mines et de la Géologie vient de publier une note circulaire interdisant formellement toute visite ou reconnaissance géologique sur les sites miniers sans autorisation officielle. Un signal fort, dans un contexte marqué par la montée préoccupante de l’orpaillage clandestin dans plusieurs provinces du pays.
Orpaillage illégal : un phénomène en expansion
Depuis plusieurs années, des ruées vers l’or ont été observées dans différentes zones du territoire national. Des milliers d’orpailleurs artisanaux, souvent sans encadrement administratif, opèrent sur des sites non autorisés. Ce phénomène pose plusieurs défis majeurs notamment la perte de recettes fiscales pour l’État, les risques sécuritaires et conflits locaux, l’exploitation anarchique des ressources, la dégradation environnementale et la présence d’acteurs étrangers non déclarés. Dans ce contexte, les visites non autorisées de sites miniers sont parfois utilisées comme couverture pour des activités informelles ou illégales. La circulaire signée par la Ministre Mme Ndolenodji Alixe Naimbaye vise donc à verrouiller l’accès aux sites miniers et à réaffirmer l’autorité de l’État.
Un secteur stratégique mais sous-exploité
Le secteur minier tchadien représente un potentiel économique important mais encore largement sous-structuré. En dehors du pétrole, le Tchad dispose de ressources telles que : l’or, le natron, le calcaire, le sel, des indices d’uranium et autres minerais stratégiques. Pourtant, la contribution du secteur minier hors pétrole au PIB national reste marginale comparée à son potentiel réel. Les experts estiment que la formalisation de l’orpaillage pourrait générer des centaines d’emplois structurés, des recettes fiscales significatives, une meilleure traçabilité des exportations. L’exploitation informelle prive donc l’État de ressources importantes dans un contexte économique exigeant.
Ce que dit le Code minier tchadien
Le cadre juridique est pourtant clair. Selon le Code minier en vigueur au Tchad ; Toute activité de reconnaissance, d’exploration ou d’exploitation nécessite un titre minier valide. L’accès à un site minier est conditionné par une autorisation officielle. Les activités menées sans titre constituent une infraction passible de sanctions administratives et pénales.
La nouvelle note circulaire ne crée donc pas une nouvelle règle. Elle rappelle et renforce l’application stricte des textes existants. Toute personne physique ou morale prise en flagrant délit s’expose à des poursuites conformément aux lois en vigueur a souligné la Ministre dans son communiqué.
Un message clair : l’État reprend le contrôle
Au-delà de la simple interdiction des visites non autorisées, cette décision traduit une volonté politique plus large visant à structurer le secteur minier, à lutter contre l’économie informelle, à sécuriser les ressources nationales et à rassurer les investisseurs. Pour de nombreux observateurs, cette circulaire marque une étape dans la reprise en main du secteur minier tchadien.
Reste à savoir si les contrôles sur le terrain suivront avec la même fermeté.