Africa Mining Indaba : l’Afrique veut briser les solitudes face à l’Europe

Sous les projecteurs de la conférence Mining Indaba, au Cap du 9 au 12 février,un cri de ralliement a éclipsé le bruit des machines minières : celui de l’unité. Face à l’appétit croissant de l’Union européenne pour les ressources du sous-sol africain, le message des dirigeants est clair , le temps des négociations en ordre dispersé est révolu.

Le ministre sud-africain des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, a ouvert le bal avec une franchise remarquée. Pour lui, l’image de 54 nations se présentant individuellement face au bloc soudé de l’UE est une faiblesse que le continent ne peut plus se permettre.

« Évitons de parler à nos collègues européens en tant que 54 pays isolés ; nous sommes beaucoup plus faibles ainsi », a martelé le ministre. « L’unité continentale n’est pas un slogan, c’est un impératif stratégique. »

Mantashe appelle à une mutation profonde de la diplomatie minière africaine : passer de la concurrence interne à une collaboration globale pour peser de tout son poids sur l’échiquier mondial.

Valoriser sur place pour transformer l’économie

Abondant dans ce sens, le président zambien Hakainde Hichilema a recentré le débat sur la valeur ajoutée. L’objectif n’est plus seulement d’extraire, mais d’industrialiser. Pour l’Afrique,l’enjeu est de transformer les matières premières directement sur le continent. Et pour cela, le besoin en capitaux massifs, mais à un « prix équitable » est important. Pour les dirigeants africains, la vision reste une croissance durable qui profite localement aux populations et non uniquement aux marchés d’exportation.

L’Afrique, cœur battant de la transition verte

Le thème de cette édition, « Plus forts ensemble : le progrès grâce aux partenariats », s’inscrit dans une course mondiale contre la montre. Avec l’explosion de la demande pour le cuivre, le lithium et le cobalt, le continent africain se sait en position de force.

Ces minéraux critiques, indispensables aux batteries et aux technologies vertes, font de l’Afrique la plaque tournante potentielle de la transition énergétique mondiale. Mais cette fois, les dirigeants présents au Cap du 9 au 12 février comptent bien dicter leurs conditions.

En cherchant à parler d’une seule voix, l’Afrique tente de transformer son immense richesse géologique en un levier géopolitique sans précédent. Le chemin est long, mais comme l’a conclu Gwede Mantashe : « Tentons le coup. C’est ce dont nous avons le plus besoin. »

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