Alors que les financements internationaux s’essoufflent, le Ministère de la Santé et l’ONUSIDA ont réuni la presse ce mardi 16 décembre à N’Djamena. L’objectif , réinventer une stratégie nationale capable de survivre à la crise financière sans sacrifier des vies.

L’ambiance était studieuse ce mardi dans la salle de conférence du Ministère de la Santé. Sous l’étiquette d’un « Café de Presse », l’enjeu était pourtant vital. Le constat de départ est sans appel : le robinet des aides internationales se referme progressivement, laissant le Tchad face à un défi titanesque. Comment soigner et prévenir quand l’argent vient à manquer ?
L’efficacité comme nouveau rempart

Le crédo de cette rencontre tient en quatre mots : « Faire plus avec moins ». Pour le Dr Françoise Ndayishimiye, Directrice Pays de l’ONUSIDA, la baisse des ressources ne doit pas signifier une baisse de l’ambition. « L’heure est à la protection des acquis », a-t-elle martelé.
Concrètement, cela implique une optimisation des circuits de distribution des antirétroviraux et une ciblage plus précis des zones à forte prévalence pour éviter le gaspillage des ressources. Il s’agit de transformer la riposte pour qu’elle devienne plus résiliente et moins dépendante des fluctuations économiques mondiales.
La sensibilisation : « L’arme la plus économique »

Face à la raréfaction du cash, le Dr Abbas Moustapha mise sur une ressource inépuisable : l’information. Pour lui, les médias ne sont pas de simples observateurs, mais des acteurs de santé publique.
Il faut indiquer que, prendre en charge un patient à vie est onéreux. Une campagne de sensibilisation efficace via la radio ou les réseaux sociaux peut prévenir des milliers de nouvelles infections pour une fraction du prix.
En brisant les tabous et en encourageant le dépistage volontaire, la presse peut stopper la transmission à la source, là où la médecine curative devient trop coûteuse pour l’État.
Un silence épidémique dangereux

Les chiffres présentés lors de ce café de presse font froid dans le dos. En 2024, le Tchad compte encore 120 000 personnes vivant avec le VIH. Malgré les progrès de la dernière décennie, le virus ne dort pas.
Le danger principal identifié par les experts est la « fatigue médiatique ». Si le VIH ne fait plus les gros titres, la vigilance des populations baisse. Or, dans les zones rurales comme dans les centres urbains, le virus circule activement. « Si le silence s’installe, l’épidémie progresse », préviennent les autorités sanitaires.

Aujourd’hui, le défi Stratégie reste la baisse des fonds, l’optimisation des programmes et gestion rigoureuse, la transmission active, et l’utilisation des médias pour une sensibilisation massive, le maintien de l’accès aux soins malgré la crise.
En fait, l’enjeu de 2025 sera de transformer ces déclarations d’intention en actions concrètes sur le terrain. Le Tchad joue sa sécurité sanitaire sur sa capacité à devenir autonome dans sa lutte contre le SIDA.

